Décryptage : La contestation de Saad Eddine El Othmani à la Faculté de Tétouan et l’ombre de l’accord de normalisation au Maroc

Décryptage : La contestation de Saad Eddine El Othmani à la Faculté de Tétouan et l’ombre de l’accord de normalisation au Maroc

Cette semaine, une institution universitaire marocaine a été le théâtre d’un incident qui a ravivé des débats houleux au sein des cercles académiques et médiatiques. L’ancien Chef du gouvernement marocain, le Dr. Saad Eddine El Othmani, a été confronté à une vague d’objections et de contestation de Saad Eddine El Othmani de la part d’étudiantes et d’étudiants lors de sa participation à une activité intellectuelle à la Faculté des Lettres de Tétouan. Cet événement, bien que ciblant une figure intellectuelle et psychiatre respectée, a mis en lumière des tensions sous-jacentes liées à des décisions politiques passées, en particulier l’accord de normalisation avec Israël.

Les racines de la contestation : L’accord de normalisation en toile de fond

L’origine de cette effervescence estudiantine n’était pas dirigée contre la personne scientifique ou l’œuvre culturelle de M. El Othmani, mais bien contre ce qu’il représente symboliquement en tant qu’ancien chef de gouvernement. Le point d’achoppement principal réside dans sa signature de l’accord officialisant les relations avec l’entité sioniste fin 2020. Les étudiants manifestants ont brandi des slogans dénonçant la « normalisation avec une entité criminelle », arguant que cette démarche contrevient aux principes fondamentaux de la cause palestinienne et à la volonté populaire marocaine, qui continue de prôner la solidarité avec le peuple palestinien et de condamner les pratiques de l’occupation. Des extraits vidéo largement partagés sur les réseaux sociaux ont montré les protestations, avec des tentatives d’empêcher M. El Othmani de s’exprimer, illustrant le fossé entre une frange de la jeunesse universitaire et certaines orientations de la politique étrangère officielle du Maroc, notamment concernant la question palestinienne. Cet épisode souligne comment la contestation de Saad Eddine El Othmani accord normalisation Maroc résonne profondément dans la sphère publique.

Un homme, deux images : L’intellectuel face à l’héritage politique

Pour de nombreux observateurs, même si Saad Eddine El Othmani est retourné à son rôle d’écrivain, penseur et psychiatre, il demeure perçu comme une personnalité politique indissociablement liée à un moment charnière de l’histoire diplomatique du Maroc. Sa signature de l’accord de normalisation, en sa qualité de Chef du gouvernement de l’époque, lui a conféré une symbolique difficile à séparer de toute apparition publique, y compris dans un cadre académique ou culturel. Comme l’explique le Dr. Abdelilah El Moussaoui, professeur de sciences politiques à l’Université Mohammed V : « L’objection adressée à El Othmani ne vise pas sa personne en tant qu’individu, mais plutôt le choix politique qu’il incarne, d’autant plus que de nombreux Marocains estiment que le dossier de la normalisation a été traité sans un véritable débat sociétal ». Il est crucial de comprendre que même après avoir quitté ses fonctions, l’empreinte de ses actions politiques majeures, notamment celles concernant les Accords d’Abraham, persiste dans la perception collective.

Le rôle des universités : Baromètre de l’opinion publique et espace de résistance

Cet incident s’inscrit dans un contexte régional marqué par des vagues de normalisation accélérées et des réactions populaires et juvéniles qui les rejettent. Les universités, particulièrement au Maroc, en Tunisie et en Jordanie, demeurent des espaces dynamiques où les jeunes expriment leurs positions sur des questions nationales et régionales, au premier rang desquelles la cause palestinienne. La contestation de Saad Eddine El Othmani reflète, en son essence, un conflit symbolique entre une position politique passée et un désir sociétal de rendre des comptes sur les choix pris au nom de l’« intérêt supérieur », sans consensus populaire. C’est également un rappel que la mémoire politique de la jeunesse est vive et que l’acte politique, surtout lorsqu’il est lié à des enjeux majeurs, reste attaché à son auteur, même après son départ du pouvoir.

Réactions diverses et débat national

La controverse a suscité des réactions mitigées. Tandis que certaines voix ont exprimé leur solidarité avec les étudiants et leur droit à la liberté d’expression et de protestation, d’autres ont critiqué la manière dont l’objection a été formulée, estimant que les institutions universitaires doivent rester des lieux de débat libre, et non d’exclusion ou de chaos. Sur les réseaux sociaux, les avis étaient partagés entre ceux qui ont considéré l’événement comme une forme de « résistance symbolique » à des politiques ne bénéficiant pas d’un consensus, et ceux qui y ont vu une « manifestation de non-respect de la liberté d’expression et de la pluralité intellectuelle ». Ce débat est essentiel pour comprendre les dynamiques à l’œuvre dans la société marocaine contemporaine. Pour plus d’analyses pertinentes, visitez Aljareeda Net Français.

Perspectives futures et la persistance de la mémoire politique

L’épisode de Tétouan n’est pas un événement isolé ; il s’inscrit dans une série de manifestations similaires qui, à travers le monde arabe, mettent en exergue la persistance des questions identitaires et des liens indéfectibles avec la cause palestinienne. Pour les leaders politiques, qu’ils soient en fonction ou retirés, cet incident est un puissant rappel que leurs décisions, surtout celles qui touchent à des cordes sensibles de l’opinion publique, ont des répercussions à long terme sur leur image et leur capacité à interagir avec la société civile. L’héritage politique ne s’efface pas aisément, et la jeunesse, souvent perçue comme un moteur de changement, ne manque pas de le souligner. L’avenir dira comment cette interaction entre mémoire politique et liberté académique continuera de façonner le dialogue public au Maroc.

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