BAD : résilience macroéconomique du Maroc, investissements structurants et défis sociaux persistants

BAD : résilience macroéconomique du Maroc, investissements structurants et défis sociaux persistants

Dans un contexte international marqué par des incertitudes commerciales et climatiques, la Banque africaine de développement (BAD) met en avant la solidité et la résilience du cadre macroéconomique du Maroc. Dans son rapport 2025, l’institution relève une croissance estimée à 3,8 % en 2024, une trajectoire de consolidation budgétaire jugée soutenable, ainsi qu’un niveau d’investissements significatif, notamment en perspective de la Coupe d’Afrique des nations (CAN) 2025 et de la Coupe du monde 2030. Autant de facteurs qui, selon la BAD, créent un environnement favorable à la mise en œuvre de ses interventions dans le Royaume.
Cette dynamique positive contraste toutefois avec des fragilités sociales persistantes. La Banque pointe un taux de chômage de 13,3 %, particulièrement élevé chez les jeunes, les diplômés et les femmes, soulignant la nécessité de renforcer l’impact inclusif de la croissance économique.
Au 2 septembre 2025, le portefeuille actif de la BAD au Maroc comprend 36 opérations, pour un engagement cumulé de 2,75 milliards d’unités de compte, soit plus de 3,76 milliards de dollars. Les infrastructures concentrent près des deux tiers de ces engagements, dans un portefeuille couvrant huit secteurs stratégiques, en cohérence avec la stratégie décennale de la Banque et les priorités du gouvernement marocain. La mise en œuvre du Document de stratégie pays 2024-2029 affiche par ailleurs un niveau d’exécution élevé, avec 14 projets approuvés sur les 17 programmés pour la période 2024-2025.
Le rapport met également en exergue l’effet de levier financier généré par ce portefeuille. Les opérations approuvées ont permis de mobiliser plus de 848 millions d’unités de compte en cofinancements, en partenariat avec des institutions internationales de premier plan, dont la Banque mondiale, la Banque européenne d’investissement (BEI), la BERD, la JICA, la BID et la KfW. Ces montants représentent près de l’équivalent des financements propres engagés par la BAD. Des appuis techniques ciblés ont en outre accompagné plusieurs chantiers structurants, notamment dans la structuration de partenariats public-privé pour les infrastructures sportives.
Sur le plan sectoriel, la BAD fait état de résultats tangibles dans des domaines clés tels que l’enseignement supérieur, l’énergie, l’eau, les transports et les infrastructures portuaires. Le taux d’électrification atteint désormais 99,91 % à l’échelle nationale, porté par une progression notable des capacités en énergies renouvelables. L’accès à l’eau potable est, quant à lui, quasi généralisé, y compris en milieu rural. Dans le secteur des transports, plusieurs projets structurants enregistrent des taux d’avancement significatifs et génèrent des retombées positives en matière d’emploi, notamment au bénéfice des femmes.
Enfin, la Banque souligne qu’aucun projet du portefeuille n’est classé à risque, un indicateur de qualité jugé encourageant. Des lenteurs de décaissement persistent néanmoins sur une part limitée des opérations, en particulier celles affectées par des retards antérieurs à la crise sanitaire. La BAD observe toutefois une amélioration progressive de la performance depuis 2024 et insiste sur l’importance de renforcer la préparation en amont des projets, à travers un pipeline mieux coordonné avec les partenaires techniques et financiers, conformément aux recommandations de la Revue de la performance du portefeuille-pays 2025.

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