L’Autorité nationale du renseignement financier enregistre une progression record des signalements liés au blanchiment et au financement du terrorisme
L’Autorité nationale du renseignement financier (ANRF) a transmis 84 dossiers de blanchiment d’argent aux procureurs du Roi près les tribunaux de Rabat, Casablanca, Fès et Marrakech, marquant une hausse de 18,31 % par rapport aux deux dernières années. Ces affaires concernent des infractions de blanchiment de capitaux, ainsi que des crimes et délits financiers sous-jacents.
Selon les données officielles, les dossiers relatifs à la dissimulation de biens issus d’infractions pénales représentent 27,38 % des affaires transmises, suivis des escroqueries et fraudes financières (22,62 %) et des dossiers de falsification de relevés bancaires, moyens de paiement et documents financiers (20,24 %). De nouvelles formes de blanchiment d’argent au Maroc ont également été identifiées, notamment via les paris sportifs, les systèmes pyramidaux et les crypto-monnaies.
Déclarations de soupçon : une croissance continue depuis 2018
L’ANRF a reçu 8.103 déclarations de soupçon liées au blanchiment de capitaux et au financement du terrorisme, contre 1.088 déclarations en 2018. Le nombre de signalements est passé à 5.208 en 2022, puis à 5.777 déclarations, enregistrant une augmentation de 40,26 % sur les deux dernières années.
D’après le rapport annuel 2023 de l’ANRF, l’Autorité a analysé 8.076 déclarations de soupçon de blanchiment, soit une hausse annuelle de 40,72 %. Les déclarations liées au financement du terrorisme ont atteint 27 signalements, tandis que les déclarations de blanchiment ont progressé de 662,61 % entre 2018 et 2024, confirmant le renforcement du dispositif marocain de lutte contre le blanchiment d’argent.
Le secteur bancaire, premier contributeur aux signalements
Le secteur bancaire marocain demeure le principal pourvoyeur de déclarations de soupçon, représentant 60,89 % du total, suivi par les établissements de paiement et de transfert de fonds avec 13,14 %. Cette dynamique traduit un renforcement des obligations de vigilance financière et des mécanismes de conformité anti-blanchiment (AML).
Le secteur non financier affiche également une évolution notable, avec une hausse de 99,31 % des déclarations émanant des professions non financières assujetties, résultat direct des campagnes de formation et de sensibilisation menées par les autorités de contrôle.
La présidence du ministère public et les Affaires étrangères en tête des déclarations automatiques
Dans le cadre des déclarations automatiques prévues par la loi n°43.05 relative à la lutte contre le blanchiment de capitaux, l’ANRF a enregistré 90 déclarations automatiques nationales, soit une augmentation de 87,50 % par rapport à 2023.
La présidence du ministère public arrive en tête avec 43,37 % des déclarations, suivie du ministère des Affaires étrangères, de la Coopération africaine et des Marocains résidant à l’étranger (16,47 %), de l’Office des changes (11,24 %) et de l’Autorité marocaine du marché des capitaux (10,44 %), aux côtés de Bank Al-Maghrib, de l’Administration des douanes et impôts indirects et d’autres institutions publiques.
Accès élargi aux bases de données et intensification des enquêtes financières
L’ANRF a adressé 64 demandes d’information ciblées à ses partenaires institutionnels afin d’enrichir l’analyse des dossiers. Par ailleurs, l’Autorité bénéficie d’un accès direct aux bases de données stratégiques, notamment le système BADR des douanes, le registre des bénéficiaires effectifs, la base centrale des comptes bancaires et les bases judiciaires relatives au blanchiment et au financement du terrorisme.
En parallèle, 1.260 demandes d’information ont été reçues des autorités d’application de la loi dans le cadre d’enquêtes financières parallèles, tandis que l’ANRF a adressé 339.267 demandes d’information aux personnes assujetties, enregistrant une hausse de 52,58 %, illustrant l’intensification de la lutte contre le blanchiment d’argent au Maroc.
Blanchiment d’argent au Maroc : 84 dossiers transmis à la justice et forte hausse des déclarations suspectes
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