Le Maroc, invité d’honneur intellectuel : La richesse de la contribution marocaine au Salon du Livre du Caire

Le Maroc, invité d’honneur intellectuel : La richesse de la contribution marocaine au Salon du Livre du Caire

Le Maroc illumine le 57e Salon International du Livre du Caire

Le 57e Salon International du Livre du Caire a récemment ouvert ses portes en République Égyptienne, accueillant des participants de 83 nations différentes. Au cœur de cet événement culturel majeur, la contribution marocaine au Salon du Livre du Caire s’est distinguée par sa profondeur et sa diversité, affirmant la présence intellectuelle et éditoriale du Royaume. Cette participation ne se limite pas à une simple représentation, mais incarne un véritable pont d’échanges et de dialogues, enrichissant le paysage littéraire et philosophique arabe.

Un Pavillon Marocain Riche en Maisons d’Édition

Le Maroc a déployé une présence remarquable à travers plusieurs de ses maisons d’édition, témoignant de la vitalité de son secteur du livre. Parmi les participants figuraient des noms bien établis et des acteurs émergents, chacun apportant sa pierre à l’édifice culturel. Ces maisons d’édition ont offert un panorama des créations littéraires, universitaires et scientifiques marocaines.

  • La Dar Marocaine pour l’Édition et la Distribution
  • La Société des Écoles pour l’Édition et la Distribution
  • La Nouvelle Société – Dar Al Thaqafa
  • La Fondation Afra pour les Études et la Recherche
  • Dar Al Rachad Al Haditha
  • Inkuil pour l’Édition et la Distribution

En outre, un « Pavillon des Éditeurs Marocains » a été spécialement mis en place avec le soutien du Ministère de la Culture marocain. Ce pavillon a regroupé d’autres éditeurs influents, consolidant l’image d’une scène éditoriale marocaine unie et dynamique :

  • Bibliothèque Dar Al Aman pour l’Édition et la Distribution
  • Publications Siliki Frères
  • Sizane pour l’Édition et la Distribution
  • Dar Yanbou Al Kitab pour l’Édition et la Distribution
  • Le Centre Culturel du Livre

Cette forte mobilisation souligne l’engagement du Maroc à promouvoir sa production intellectuelle et littéraire au-delà de ses frontières, favorisant ainsi une meilleure connaissance de sa culture auprès du public égyptien et international.

Les Voix Intellectuelles Marocaines : Hommage à Naguib Mahfouz et Débats Profonds

Les premiers jours de cet événement culturel phare ont été marqués par des interventions d’intellectuels marocains sur des thèmes littéraires, culturels et religieux, qui ont captivé l’audience. Ces échanges ont mis en lumière la richesse de la pensée marocaine contemporaine.

Saeed Yaktin et l’Héritage de Naguib Mahfouz

L’académicien marocain Saeed Yaktin a livré une conférence émouvante et érudite intitulée « Naguib Mahfouz a réécrit l’histoire et a innové le récit de la société égyptienne ». Yaktin a partagé l’évolution de sa relation avec le prix Nobel de littérature, la décrivant en trois étapes distinctes : d’abord en tant que lecteur passionné, puis comme enseignant analysant ses textes, et enfin comme chercheur dévoué à ses œuvres, notamment « Les Mille et Une Nuits », sur lesquelles il a mené une étude approfondie. Il a également supervisé de nombreuses études académiques consacrées à l’œuvre de Naguib Mahfouz.

Pour Yaktin, l’importance de Naguib Mahfouz dépasse le passé pour s’étendre vers l’avenir. Il a affirmé que Mahfouz est un auteur d’une stature comparable à celle des grands classiques comme Shakespeare et Charles Dickens. Mahfouz, selon Yaktin, était un créateur authentique qui a abordé en profondeur les problèmes de sa société, possédant un projet littéraire aux contours clairs à travers lequel il a exprimé sa vision narrative du monde. Il a débuté ses écrits par l’histoire, s’appuyant sur un solide bagage philosophique et intellectuel, tout en restant constamment connecté à la réalité et au présent. Il a exploré une multitude de genres romanesques, allant du roman social au politique, en passant par les récits de voyage, une polyvalence rare chez de nombreux écrivains.

Hamad Bashari et la Nécessité d’une Lecture Contextuelle des Textes Sacrés

Un autre moment fort a été l’intervention de Hamad Bashari, Secrétaire Général du Conseil Mondial des Communautés Musulmanes. Lors d’une conférence dédiée à son livre « Ayaat Al-Saif : un texte dans son contexte ou un prétexte au conflit ? Renouveler la vision du juriste sur le monde et l’homme », Bashari a vivement critiqué les lectures hâtives et superficielles qui tendent à extraire les textes de leurs contextes, transformant certaines sourates en slogans idéologiques brandis dans les arènes de conflit. Il a insisté sur le fait que le problème ne réside pas dans les versets eux-mêmes, mais dans la méthode de lecture qui dépouille le texte de sa structure globale, le transformant d’une guidance régulatrice en un outil de justification.

Bashari a souligné que ce qui est connu sous le nom d’« Ayaat Al-Saif » (le verset du sabre) ne doit pas être lu comme un slogan éphémère ou un instrument prêt à l’emploi pour justifier la violence. Il doit plutôt être traité comme un texte coranique régi par son contexte historique, ses conditions et ses règles juridiques. Le texte, a-t-il expliqué, ne fonctionne pas dans le vide et n’acquiert pas son sens de son seul libellé, mais de sa position au sein du système coranique global, qui établit la paix, la justice et le respect des alliances autant qu’il organise les situations de défense et de dissuasion en cas d’agression.

L’islam, dans sa conception, ne considère pas le combat comme le principe fondamental des relations avec autrui, mais plutôt comme une exception soumise à des conditions strictes : agression, rupture de pacte ou banditisme. Il ne s’agit donc pas d’une action libre ou d’une option initiale, ni d’une légitimation fondée sur la seule différence religieuse ou culturelle. La règle est la paix, l’exception est le combat. Cette exception ne peut devenir une règle qu’en renversant la méthode de compréhension, contrairement à la logique de l’« abrogation simpliste » qui confère à l’« Ayaat Al-Saif » le pouvoir d’annuler les versets de paix, de justice et de bienveillance, sans vérification scientifique des conditions d’abrogation, sans considération des raisons de la révélation, ni conscience de la gradualité de la législation.

Face à une dualité problématique entre l’extrémisme qui transforme le texte en un outil de combat absolu et le laxisme qui le dépouille entièrement de son domaine, Bashari a appelé à une lecture équilibrée rejetant ces deux extrêmes. Une lecture qui n’applique pas les textes de combat sans restriction, ni ne vide les textes de paix de leur contenu pratique, mais qui ramène la jurisprudence à sa fonction originelle : réaliser la conformité et lier les jugements aux réalités factuelles d’agression ou de paix, d’alliance existante ou de rupture explicite. Pour découvrir d’autres perspectives et analyses pointues sur des sujets similaires, n’hésitez pas à consulter Aljareeda Net Français.

La Contribution Marocaine, un Pilier du Dialogue Culturel Arabe

En somme, la contribution marocaine au Salon du Livre du Caire dépasse la simple participation. Elle se manifeste comme un acteur majeur dans la promotion du dialogue interculturel et intellectuel, offrant une plateforme pour l’échange d’idées et la valorisation du patrimoine littéraire arabe. La présence de maisons d’édition dynamiques et d’intellectuels de renom souligne l’engagement du Maroc à enrichir la scène culturelle régionale et à renforcer les liens fraternels et intellectuels avec les autres nations arabes.

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