Le Documentaire Inédit de Hassan Benjelloun : Redécouverte de Omrane El Malah, l’Icône du Jazz Marocain

Le Documentaire Inédit de Hassan Benjelloun : Redécouverte de Omrane El Malah, l’Icône du Jazz Marocain

Le cinéma marocain s’apprête à offrir une nouvelle plongée profonde dans les méandres de sa mémoire artistique. Le réalisateur acclamé, Hassan Benjelloun, connu pour son œil attentif aux récits humains et identitaires, revient sur les écrans avec un documentaire captivant. Ce nouveau projet met en lumière le parcours extraordinaire d’Omrane El Malah, l’icône du jazz marocain, un musicien dont l’œuvre a marqué son époque par une fusion audacieuse et une vision novatrice. Ce film, très attendu, se positionne comme un hommage essentiel à un artiste qui a su transcender les frontières musicales et culturelles, et dont l’héritage mérite d’être pleinement redécouvert.

Les Racines d’une Légende : Omrane El Malah à Casablanca

Le documentaire de Hassan Benjelloun ne se contente pas de retracer la carrière artistique d’Omrane El Malah ; il explore les fondements de son génie, qui prennent racine dans le foisonnement culturel de Casablanca des années 1940. C’est dans cette métropole bouillonnante que le jeune Omrane a été imprégné par un creuset d’influences. La ville blanche, avec ses multiples affluents – juifs, amazighs, musulmans et chrétiens – a façonné une sensibilité artistique rare. Ce brassage unique a nourri sa conscience musicale précoce, lui permettant d’absorber une richesse sonore inégalée. Ce n’est pas un hasard si le défunt Larbi Skalli le surnommait « Le Gnaoui Blanc », une appellation qui symbolise sa capacité à incarner la diversité et à infuser une âme marocaine profonde dans chaque note. Avant de s’ouvrir aux musiques du monde, notamment le jazz et le rock, ce sont les « Daqqat marocaines » qui ont constitué le socle de son sens aigu du rythme, posant les premières pierres d’une identité musicale incomparable.

Une Philosophie Musicale Révolutionnaire et une « Archéologie du Jazz »

Omrane El Malah n’était pas un simple interprète ; il était un véritable théoricien et un praticien de l’innovation musicale. Hassan Benjelloun, en explorant cette dualité de mémoire et d’identité, dépeint un artiste qui s’est consacré corps et âme au rythme, à la recherche, à l’exploration et à l’expérimentation. Surnommé également « Jook », il se considérait comme un « archéologue du jazz » au Maroc. Dès les années soixante, il s’est imposé comme un batteur et un musicien de jazz de premier plan, tout en développant une posture critique envers le jazz afro-américain classique. Il estimait que ce courant avait malheureusement marginalisé les rythmes d’Afrique du Nord, ne leur accordant pas la place qu’ils méritaient dans l’histoire de cette musique universelle. C’est cette conviction profonde qui l’a poussé à réinventer les genres musicaux, les transformant en un jazz empreint d’une saveur marocaine authentique, inspirée directement par sa ville natale, Casablanca, alors un véritable épicentre d’artistes et de créateurs.

Le Documentaire : Un Travail de Mémoire Essentiel

Le processus de réalisation de ce documentaire n’a pas été sans embûches, témoignant de l’engagement total de Benjelloun pour ce projet. Le tournage s’est étalé sur plus de cinq ans et a été le fruit d’une coproduction, soulignant l’ampleur de l’effort nécessaire pour documenter une telle richesse musicale et humaine. D’une durée de 70 minutes, ce film offre une lecture cinématographique qui mêle habilement la documentation artistique et la profondeur humaine, pariant autant sur l’écoute de l’expérience que sur la préservation de la mémoire. Il s’inscrit dans la continuité des préoccupations du réalisateur, qui a toujours eu à cœur de transcender les genres, passant avec aisance de la fiction au documentaire, sans jamais délaisser son objectif primordial : immortaliser des expériences humaines et culturelles qui ont façonné la mémoire artistique marocaine, mais qui sont restées trop longtemps dans l’ombre. Ce film est une invitation à célébrer Omrane El Malah, l’icône du jazz marocain, et à reconnaître son rôle fondamental dans le paysage musical contemporain.

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