Le Royaume du Maroc traverse une période charnière pour sa politique hydrique, marquée par une récupération spectaculaire des réserves d’eau dans les barrages marocains. À la fin du mois de janvier 2026, des pluies torrentielles ont transformé radicalement le paysage hydrologique du pays, propulsant le taux de remplissage global des barrages vers des sommets inégalés depuis des années. Cette dynamique positive, concentrée principalement sur le nord du Royaume, redonne espoir et ouvre de nouvelles perspectives pour la sécurité en eau potable et l’agriculture.
Une Dynamique Inédite pour les Réserves Hydriques Nationales
Les données récentes du ministère de l’Équipement et de l’Eau (Direction de la Recherche et de la Planification de l’Eau), analysées par Hespress, révèlent une accélération fulgurante de la situation. Entre le 29 et le 30 janvier, les stocks d’eau ont bondi de 2,1% en seulement 24 heures. Ce gain significatif a porté le volume total des réserves à environ 9,98 milliards de mètres cubes, se rapprochant de la barre symbolique des 10 milliards de m³. Ce chiffre contraste fortement avec la même période de l’année précédente (2025), où le taux de remplissage n’atteignait que 27,62%.
Les barrages ont collectivement enregistré un afflux de plus de 351,42 millions de mètres cubes d’eau en une seule journée. Le bassin de Sebou, le plus vaste du Maroc, a agi comme un véritable moteur de cette récupération des réserves d’eau barrages Maroc, accueillant à lui seul une quantité équivalente à la capacité de plusieurs barrages de taille moyenne. Cette performance remarquable confirme le rôle stratégique de ce bassin dans l’équilibre hydrique du pays.
La Carte des Bassins : Entre Plénitude et Récupération Progressive
L’analyse détaillée des données officielles met en lumière une « carte de l’apaisement hydrique » inégale mais globalement positive, illustrant la diversité des situations régionales face aux précipitations. Les régions du Nord et du Centre affichent des taux de remplissage exceptionnels :
- Le bassin de l’Abu Regrag atteint un impressionnant 95,52%.
- Le bassin de Tensift frôle également la pleine capacité avec 81,08%.
- Le bassin de Sebou, avec plus de 4,2 milliards de mètres cubes (77,41%), affirme sa position de réservoir stratégique crucial pour la sécurité hydrique et alimentaire. Des barrages majeurs au sein de ces bassins, comme Bouhouda et Bab Louta, ont même atteint 100% de leur capacité.
En revanche, les bassins du Sud et du Centre-Sud montrent une dynamique de récupération des réserves d’eau barrages Maroc plus progressive :
- Le bassin de Souss-Massa se stabilise à 53,63%.
- Le bassin de Ziz-Guir-Ghriss s’établit à 58,09%.
- Les bassins de l’Oum Er Rbia (32,49%) et du Draa-Oued Noun (31,31%) sont toujours en phase de « rétablissement graduel », soulignant la nécessité d’une vigilance continue et d’investissements ciblés dans ces zones.
Vers une Nouvelle Ère : De la Gestion de la Pénurie à l’Abondance
Cette amélioration significative marque le passage d’une « phase de stress hydrique critique » à une « phase d’abondance qualitative » pour le système hydrique marocain. Au-delà de l’approvisionnement en eau potable, cette situation ouvre des perspectives prometteuses pour la saison agricole actuelle et permet aux nappes phréatiques de retrouver leur vitalité après des années de surexploitation. Cependant, la question de la gestion de l’eau en période d’abondance se pose désormais, après des années de défis liés à la rareté.
Le Maroc est appelé à capitaliser sur cette opportunité en accélérant les projets d’interconnexion entre les bassins, en optimisant la gestion des déversements contrôlés et en intensifiant les efforts de désalinisation de l’eau de mer. L’entretien des infrastructures existantes et la construction de nouveaux barrages restent des priorités pour assurer une résilience durable face aux aléas climatiques.
Perspectives et Stratégies pour l’Avenir
La pérennité de cette amélioration dépendra de la poursuite des écoulements de surface pour alimenter les grands barrages, notamment dans les axes qui restent sous pression. L’engagement envers une gestion intégrée et durable des ressources hydriques, combinant l’efficacité de l’utilisation, la réutilisation des eaux usées et l’innovation technologique, est plus que jamais essentiel.
Cette embellie hydrique offre au Maroc une occasion unique de renforcer sa sécurité en eau, mais elle rappelle également la fragilité de cette ressource vitale et la nécessité d’une planification à long terme. Pour plus d’analyses et de reportages sur ces développements, visitez Aljareeda Net Français.
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