L’UE exige le respect de l’accord commercial face aux droits de douane américains

L’UE exige le respect de l’accord commercial face aux droits de douane américains

La Commission européenne a appelé, dimanche, les États-Unis à respecter l’accord commercial conclu avec l’Union européenne. Cet appel intervient après l’annonce du président américain Donald Trump de relever ses tarifs douaniers mondiaux, une décision prise en réaction à un revers juridique majeur infligé par la Cour suprême des États-Unis.

« Un accord est un accord. En tant que premier partenaire commercial des États-Unis, l’UE attend de ces derniers qu’ils respectent les engagements pris dans la déclaration commune, tout comme l’UE respecte les siens », a déclaré l’exécutif européen dans un communiqué. La Commission a également exigé des éclaircissements complets sur les mesures que les États-Unis ont l’intention de prendre.

Une décision de la Cour suprême qui change la donne

La veille, samedi, Donald Trump a annoncé porter ses nouveaux droits de douane mondiaux de 10% à 15%, « avec effet immédiat ». Cette escalade fait suite à une décision de la Cour suprême américaine, qui a invalidé une grande partie des droits de douane instaurés par l’administration Trump.

Les juges ont estimé, en majorité, que le président ne pouvait pas agir seul en invoquant une « urgence économique » nationale. Ils ont statué que le Congrès américain devait donner son feu vert préalable à la mise en place de tels tarifs, remettant en cause le fondement juridique utilisé depuis 1977.

L’avenir de l’accord commercial en suspens

Cette invalidation par la plus haute juridiction américaine fait peser une incertitude considérable sur l’avenir de l’accord commercial entre l’UE et les États-Unis. Le Parlement européen, qui s’apprêtait à donner son approbation finale à ce texte mardi, pourrait revoir sa position.

L’accord, signé l’été dernier, avait permis à l’Union européenne de limiter à 15% les droits de douane appliqués par Washington sur la plupart de ses exportations, évitant ainsi des tarifs menaçant d’atteindre 30%. Le groupe de réflexion ING souligne qu’on ignore si le Parlement européen exigera désormais une renégociation complète du texte.

Réactions et incertitudes politiques

L’eurodéputé social-démocrate allemand Bernd Lange a annoncé qu’il demanderait lundi « la suspension des travaux législatifs jusqu’à ce que nous disposions d’une évaluation juridique appropriée et d’engagements clairs de la part des États-Unis ». Sur son compte X, il a dénoncé un « chaos tarifaire total » de la part de l’administration américaine, source selon lui de « questions ouvertes et une incertitude croissante ».

De son côté, le représentant américain au Commerce, Jamieson Greer, a tenté de rassurer. Dimanche, lors de l’émission « Face the Nation » sur CBS, il a affirmé s’attendre à ce que les accords commerciaux avec l’UE, la Chine et d’autres pays perdurent malgré la décision de justice. « Nous comptons les respecter. Nous comptons sur le fait que nos partenaires les respectent », a-t-il déclaré.

Appels à la clarté depuis les institutions financières

La présidente de la Banque centrale européenne, Christine Lagarde, interrogée lors de la même émission, s’est dite incertaine des conséquences de la décision. Elle a souligné l’importance fondamentale pour les acteurs du commerce international de connaître clairement le futur des relations. « J’espère que cela va être éclairci, et que cela va être suffisamment examiné sur la durée afin que nous n’ayons pas, une nouvelle fois, de nouveaux défis », a-t-elle poursuivi.

Perspectives et prochaines étapes

Selon les analystes de l’ING, l’administration américaine pourrait désormais s’appuyer sur des droits de douane sectoriels plus ciblés « pour faire pression sur l’UE et l’inciter à reprendre les négociations ». La balle est désormais dans le camp du Parlement européen, qui doit décider s’il procède au vote prévu ou suspend le processus législatif. La prochaine communication officielle de la Commission européenne, attendue après ses échanges avec les autorités américaines, sera cruciale pour définir la trajectoire des relations commerciales transatlantiques dans les prochains jours.

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