Le Maroc généralise les systèmes de gestion anti-corruption

Le Maroc généralise les systèmes de gestion anti-corruption

L’Instance nationale de la probité, de la prévention et de la lutte contre la corruption (INPPLC) a officiellement lancé, ce mercredi, la généralisation des systèmes de management anti-corruption à l’ensemble des administrations et établissements publics marocains. Cette décision fait suite à une phase pilote concluante menée avec les régulateurs du secteur financier. L’initiative vise à institutionnaliser les mécanismes de prévention au sein des structures étatiques, dans le cadre de la mise en œuvre de la Stratégie nationale de lutte contre la corruption.

Une extension après une phase test réussie

Le processus de généralisation intervient après une expérimentation menée auprès d’acteurs clés comme Bank Al-Maghrib, l’Autorité marocaine du marché des capitaux (AMMC) et l’Autorité de contrôle des assurances et de la prévoyance sociale (ACAPS). Ces institutions ont servi de terrain d’essai pour l’implémentation des normes de management de l’intégrité, notamment la norme ISO 37001. Les retours de cette phase pilote ont été jugés positifs par l’INPPLC, confirmant la faisabilité et l’utilité du dispositif pour renforcer la transparence.

L’Instance a précisé que le déploiement à grande échelle concernera désormais toutes les administrations publiques, les collectivités territoriales et les établissements publics. L’objectif est de doter ces entités d’un cadre structuré pour identifier, évaluer et atténuer les risques de corruption. Ce système impose la mise en place de procédures internes de contrôle, de canaux de signalement sécurisés et de programmes de formation obligatoires pour les agents.

Un cadre normatif et un accompagnement prévu

La généralisation ne sera pas laissée à la discrétion des institutions. L’INPPLC a élaboré un guide méthodologique détaillé qui sera remis aux responsables concernés. Ce document fournit les lignes directrices pour la mise en place effective du système, depuis l’engagement de la direction jusqu’à l’évaluation périodique de son efficacité. L’accent est mis sur l’adaptation des mesures à la nature des activités et aux risques spécifiques de chaque organisme.

Le rôle central de l’INPPLC

L’Instance nationale ne se contentera pas de fournir le cadre normatif. Elle assurera un accompagnement technique tout au long du processus de déploiement. Ses équipes interviendront pour conseiller les administrations, aider à la réalisation des diagnostics initiaux et former les référents intégrité désignés en interne. Un calendrier de déploiement progressif sera établi en coordination avec les différents départements ministériels.

Cette approche vise à garantir une application uniforme et rigoureuse des standards à l’échelle nationale. La mise en œuvre de ces systèmes constitue également une réponse aux engagements internationaux du Maroc en matière de bonne gouvernance et de lutte contre la corruption. Elle renforce le cadre juridique existant, notamment la loi 12-20 relative à la déclaration obligatoire des actifs.

Perspectives et prochaines étapes

La réussite de cette généralisation repose sur l’adhésion et l’implication des hauts responsables au sein de chaque administration. L’INPPLC prévoit d’organiser une série de séminaires de sensibilisation à l’intention des dirigeants pour expliquer les enjeux et les bénéfices attendus d’une telle démarche. Parallèlement, des indicateurs de performance seront définis pour mesurer concrètement l’impact de ces systèmes sur la réduction des vulnérabilités à la corruption.

Les prochains mois seront consacrés au lancement opérationnel dans les premières institutions ciblées, hors secteur financier. L’INPPLC établira un reporting régulier pour suivre l’avancement du déploiement. À terme, la conformité avec ces systèmes de management pourrait devenir un critère d’évaluation de la performance des administrations publiques, inscrivant la culture de l’intégrité dans la durée.

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