Négociations nucléaires Iran-USA reprennent à Genève

Négociations nucléaires Iran-USA reprennent à Genève

Une nouvelle session de pourparlers indirects entre l’Iran et les États-Unis s’est ouverte ce jeudi à Genève, sous médiation omanaise, a indiqué une source diplomatique. Ces discussions, centrées exclusivement sur le dossier nucléaire, visent à relancer les efforts diplomatiques sur ce dossier sensible, dans un contexte international marqué par d’autres tensions.

La délégation américaine est conduite par l’émissaire Steve Witkoff et Jared Kushner, le gendre de l’ancien président Donald Trump. Ce dernier doit également mener des pourparlers parallèles concernant l’Ukraine dans la même journée. Du côté iranien, les négociations sont supervisées par le vice-ministre des Affaires étrangères, Abbas Araghchi.

Les échanges se déroulent à la résidence de l’ambassadeur d’Oman auprès des Nations Unies, située à Cologny, dans la périphérie genevoise. Ce cadre diplomatique discret a déjà accueilli des rounds de discussions précédents entre les deux parties.

Un agenda strictement nucléaire

Le porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères, Esmaeil Baqaei, a clairement défini le périmètre des discussions. Il a affirmé que ce troisième cycle de négociations porterait uniquement sur la question nucléaire, excluant ainsi d’autres sujets de friction bilatérale. « Le sujet des négociations est centré sur la question nucléaire », a-t-il déclaré, précisant la position de Téhéran.

Selon ses déclarations retransmises par la télévision d’État iranienne, la délégation iranienne plaidera pour la levée complète des sanctions internationales qui frappent le pays. Elle réaffirmera également ce qu’elle présente comme le droit inaliénable de l’Iran à développer un programme nucléaire à des fins strictement pacifiques, conformément au Traité sur la non-prolifération des armes nucléaires (TNP).

La participation de l’AIEA attendue

Un élément notable de cette session est la participation probable du directeur général de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA), Rafael Grossi. Esmaeil Baqaei a indiqué que sa présence était envisagée, sur le modèle du cycle de discussions précédent. L’AIEA joue un rôle crucial de vérification et de surveillance des activités nucléaires iraniennes, et sa présence aux pourparlers souligne l’aspect technique et de conformité au cœur des débats.

La reprise de ce dialogue, même indirect, intervient après une longue période de blocage et d’escalade verbale. L’accord sur le nucléaire iranien (JCPOA), conclu en 2015, a été fragilisé par le retrait unilatéral des États-Unis en 2018 sous l’administration Trump et par la reprise par l’Iran d’activités nucléaires au-delà des limites fixées par le texte. Les administrations successives américaines et le gouvernement iranien affichent des positions encore très éloignées sur les conditions d’un éventuel retour au respect de l’accord.

La médiation du Sultanat d’Oman, acteur diplomatique reconnu pour son rôle d’intermédiaire dans la région, est perçue comme un facteur facilitant la reprise du contact. Les pourparlers de Genève sont suivis de près par les capitales européennes signataires du JCPOA (France, Royaume-Uni, Allemagne), ainsi que par la Chine et la Russie, toutes parties prenantes de l’accord initial.

Les prochaines heures seront déterminantes pour évaluer si un élan concret peut être redonné à la diplomatie nucléaire. L’issue de ces discussions à Genève pourrait conditionner la tenue de rencontres à un niveau plus élevé ou, au contraire, entériner l’impasse actuelle, avec des conséquences potentielles sur la stabilité régionale et le régime international de non-prolifération.

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