Ottawa aborde la question kabyle avec des élus canadiens

Ottawa aborde la question kabyle avec des élus canadiens

Du 25 au 29 février 2026, Ferhat Mehenni, président du gouvernement kabyle en exil, a effectué une visite officielle à Ottawa, au Canada. Il a rencontré plusieurs parlementaires canadiens pour discuter de la revendication d’autodétermination de la Kabylie, une région du nord de l’Algérie. Ces échanges marquent une étape dans la stratégie d’internationalisation de la cause portée par le Mouvement pour l’autodétermination de la Kabylie (MAK).

Parmi les personnalités rencontrées figurent Yves-François Blanchet, chef du Bloc Québécois, et son prédécesseur Mario Beaulieu. Les discussions ont porté sur le droit à l’autodétermination, la reconnaissance internationale d’une « République fédérale de Kabylie » et la situation des droits de l’Homme dans cette région.

Les fondements de la revendication

La délégation kabyle a exposé les bases historiques et politiques de sa revendication. Elle a affirmé que la Kabylie subit des politiques de marginalisation et de répression depuis l’indépendance de l’Algérie en 1962. Le classement du MAK comme organisation terroriste par Alger en 2021 a également été abordé, les responsables dénonçant une criminalisation de l’activisme politique.

Des témoignages relatifs au harcèlement de militants, aux restrictions politiques et aux conséquences environnementales de projets miniers, comme l’exploitation du gisement de zinc de Tala Hamza, ont été présentés. Les feux de forêt récurrents en Kabylie ont aussi été évoqués, certains responsables du mouvement accusant les autorités algériennes de négligence.

Une stratégie d’internationalisation

Ces rencontres traduisent l’émergence d’un espace de dialogue politique autour de la question kabyle au Parlement canadien. Selon l’entourage de Mehenni, certains parlementaires se sont montrés réceptifs à l’idée d’inscrire le débat sur l’autodétermination dans un cadre international plus large, notamment dans des enceintes multilatérales.

Cette séquence canadienne intervient après un événement marquant à Paris. Le 14 décembre 2025, le MAK a organisé une « cérémonie de déclaration d’indépendance », présentée comme un acte symbolique visant à formaliser son projet politique.

Une dimension académique

La visite au Canada a également inclus une dimension universitaire. Le 28 février, Ferhat Mehenni est intervenu à l’Université du Québec à Montréal lors d’une conférence sur les « Nations sans État face aux transformations géopolitiques contemporaines ». Cette intervention visait à inscrire la revendication kabyle dans un débat global sur le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes.

Pour le gouvernement kabyle en exil, l’objectif est désormais clair : faire exister la question sur la scène internationale en s’appuyant sur des relais parlementaires, universitaires et civiques. La prochaine étape pourrait consister à poursuivre ces démarches de plaidoyer auprès d’autres institutions et pays, dans le but de donner une résonance internationale à leurs revendications politiques.

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