Sahara : Ross souligne les alternatives au référendum pour l’autodétermination

Sahara : Ross souligne les alternatives au référendum pour l’autodétermination

L’ancien envoyé personnel du Secrétaire général de l’ONU pour le Sahara, Christopher Ross, a indiqué que les efforts internationaux pour résoudre ce conflit connaissent un tournant décisif. Cette évolution fait suite à l’adoption de la résolution 2797 du Conseil de sécurité, qui confère un rôle de premier plan aux États-Unis dans la conduite des négociations. Des réunions ministérielles confidentielles se sont tenues à Madrid et Washington début 2024, marquant une nouvelle dynamique après des années d’impasse.

Dans une analyse récente, l’ex-diplomate américain, qui a occupé le poste de médiateur de 2009 à 2017, a détaillé cette nouvelle phase. Il a précisé que ces rencontres ont rassemblé des délégations du Maroc, du Front Polisario, de l’Algérie et de la Mauritanie, ainsi que des hauts responsables américains et onusiens. Il s’agit des premières discussions de ce niveau exclusivement consacrées au dossier du Sahara occidental.

Une nouvelle approche du Conseil de sécurité

Christopher Ross a observé que la dernière résolution des Nations Unies a entériné un changement d’approche significatif. Le Conseil de sécurité retient désormais la proposition d’autonomie marocaine comme base de discussion, sans référence au projet de référendum défendu par le Polisario. L’ancien responsable onusien a qualifié cette évolution de « majeure dans le traitement du conflit par le Conseil ».

Le caractère confidentiel de ces réunions et l’absence de communiqués officiels ont limité la couverture médiatique. Les informations divulguées reflètent les positions historiques des parties : le Maroc maintient son initiative d’autonomie comme solution réaliste, tandis que le Polisario réaffirme que le référendum demeure le seul outil d’autodétermination.

Une proposition d’autonomie élargie

L’analyse de Ross mentionne qu’une version élargie de la proposition marocaine, détaillée dans un document de plus de quarante pages, circule. Il a souligné que « cette mouture enrichie pourrait servir de base technique lors des prochaines sessions de négociations, bien que ses contours n’aient pas encore été officiellement confirmés par l’ensemble des parties ».

L’implication active des États-Unis, confirmée par le conseiller Massad Boulos lors du Forum de Munich sur la sécurité, s’inscrit dans le cadre de cette nouvelle résolution. Ross estime que l’accord des quatre parties pour participer à ces discussions constitue un signal positif pour la relance du processus de paix, malgré sa complexité intrinsèque.

La question centrale de l’adhésion sahraouie

Abordant le fond du dossier, l’ancien médiateur a averti qu’aucun accord ne pourrait durablement réussir sans l’adhésion de la majorité des Sahraouis. Cette population inclut ceux vivant sur le territoire, dans les camps de réfugiés ou au sein de la diaspora. Sans ce consensus, a-t-il précisé, « le risque est d’aboutir à un accord précaire, contestable et porteur d’instabilité ».

Sur le mécanisme même de l’autodétermination, Christopher Ross a soutenu que le référendum n’est plus l’instrument le plus usité ni le plus efficace. Il a évoqué des alternatives possibles, s’appuyant sur l’exemple d’assemblées traditionnelles de consultation, comme la « Loya Jirga » en Afghanistan, qui ont permis de prendre des décisions cruciales sans recourir à un scrutin direct.

La nécessité de garanties internationales

L’analyse insiste également sur l’impératif de concevoir des garanties internationales robustes pour encadrer tout futur accord. Cette précaution est présentée comme d’autant plus nécessaire que la méfiance persiste entre les parties, une situation exacerbée par l’échec des précédentes tentatives de médiation onusienne.

En conclusion, l’implication américaine pour raviver les pourparlers est jugée comme une avancée indéniable après une longue période de stagnation. Toutefois, cette initiative reste fragile face aux nombreux obstacles politiques et juridiques qui entravent la résolution du conflit.

La prochaine étape du processus dépendra de la capacité des parties et des médiateurs à forger une formule de compromis. Ce compromis devra articuler les exigences de l’autonomie avec les aspirations des différentes parties, tout en obtenant une large adhésion parmi la population sahraouie. La poursuite des discussions techniques sur la base de la proposition d’autonomie élargie est attendue, sous l’égide de l’envoyé onusien Staffan de Mistura et avec le soutien actif des États-Unis.

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