La saison météorologique hivernale, couvrant les mois de décembre 2025, janvier et février 2026, a été marquée par une succession exceptionnelle de perturbations pluvieuses au Maroc. Cette période, qui suit sept années consécutives de sécheresse sévère, se classe parmi les plus arrosées depuis le début des relevés systématiques en 1981, selon les données préliminaires de la Direction générale de la météorologie (DGM).
Les précipitations cumulées sur l’ensemble du territoire national ont largement dépassé les moyennes saisonnières habituelles. Plusieurs régions, notamment le Rif, le Moyen Atlas et le Haut Atlas, ont enregistré des cumuls record, avec des épisodes de pluies intenses et durables. Ces précipitations abondantes ont permis une recharge significative des nappes phréatiques et une nette amélioration du taux de remplissage des principaux barrages du pays.
Un contraste marqué après des années de sécheresse
Ce retour de fortes précipitations constitue un revirement climatique notable après une période de déficit hydrique prolongée. La sécheresse qui a affecté le royaume depuis plusieurs années avait entraîné des restrictions d’eau dans certaines villes, un stress hydrique pour l’agriculture et une baisse inquiétante des réserves dans les retenues des barrages, cruciales pour l’irrigation et l’eau potable.
Les services météorologiques attribuent cette saison pluvieuse à la configuration particulière des régimes de pression atmosphérique sur l’Atlantique Nord et la Méditerranée. Cette configuration a favorisé la remontée répétée de dépressions chargées d’humidité en direction du Maghreb, entraînant des vagues de mauvais temps successives sur le Maroc tout au long de l’hiver.
Impacts et réactions officielles
Les conséquences de ces intempéries ont été contrastées. Si l’agriculture pluviale a grandement bénéficié de cette humidité, certaines zones ont subi des inondations localisées, des glissements de terrain et des dégâts sur les infrastructures. Les autorités locales et la Protection civile ont été mobilisées à plusieurs reprises pour intervenir et secourir les populations affectées.
Le ministère de l’Équipement et de l’Eau a salué l’impact positif de ces pluies sur les ressources en eau. Dans un communiqué, le département a indiqué que la situation des barrages s’était considérablement améliorée, offrant une bouffée d’oxygène pour la campagne agricole en cours et les réserves en eau potable pour les prochains mois. Les experts du ministère rappellent toutefois la nécessité de poursuivre les politiques de gestion rationnelle de l’eau et d’investissement dans les infrastructures de stockage.
Perspectives pour la suite de l’année hydrologique
La fin de la saison hivernale ne signifie pas la fin de l’année hydrologique, qui se poursuit jusqu’au mois de septembre. Les précipitations de printemps, notamment sous forme d’orages, peuvent encore contribuer à recharger les nappes et les barrages. Les météorologues surveillent attentivement l’évolution des conditions pour les prochains mois.
La Direction générale de la météorologie doit publier un bilan définitif et détaillé de cet hiver pluvieux dans les semaines à venir. Ce rapport analysera les données par région, les écarts à la normale et les événements extrêmes enregistrés. Il servira de base pour évaluer l’impact complet sur les ressources hydriques et le secteur agricole.
Les autorités et les experts restent prudents, soulignant que cet épisode pluvieux exceptionnel ne doit pas faire oublier la vulnérabilité du Maroc face à la variabilité climatique. La planification à long terme, incluant la sécurisation de l’approvisionnement en eau et l’adaptation au changement climatique, reste une priorité absolue pour les pouvoirs publics, indépendamment des fluctuations annuelles des précipitations.
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