Le Front <a href="https://fr.aljareeda.net/2026/03/16/reforme-code-procedure-civile-Maroc/ » title= »Polisario »>Polisario a réaffirmé son attachement à l’option d’un référendum comme unique voie de règlement du conflit du Sahara, une position exprimée par son représentant en Algérie, Khatri Addouh, dans un entretien au journal algérien Echorouk. Cette déclaration intervient dans le cadre des consultations parrainées par l’ONU et les États-Unis, réunissant le Maroc, l’Algérie, la Mauritanie et le Polisario, visant à relancer un processus de négociations sous l’égide des Nations unies.
Le responsable séparatiste a lié la poursuite de l’engagement de son mouvement dans les efforts onusiens au respect du principe d’autodétermination. Il a affirmé que toute orientation ne permettant pas, selon ses termes, au peuple sahraoui d’exercer ce droit pourrait entraver les efforts politiques et mener à une impasse.
Analyse d’une position conditionnée
Abdelwahab El Kayen, président de l’organisation Africa Watch, a commenté ces déclarations. Il estime que le Polisario est attendu sur une stratégie de va et vient dans sa gestion de la phase préparatoire aux négociations. Selon lui, le mouvement ne dispose pas d’une marge politique indépendante lui permettant de refuser ouvertement de participer à ce processus, ses décisions restant liées aux autorités algériennes.
Dans une déclaration au média Hespress, il a ajouté que les propos du représentant du Polisario reflètent le degré de dépendance politique et organisationnelle du mouvement vis à vis d’Alger. Le gouvernement algérien traiterait ce dossier comme une question souveraine liée à sa sécurité nationale, faisant que tout recul dans ce processus aurait des répercussions sur ses calculs régionaux.
Une lecture sélective des résolutions de l’ONU
Le politologue a considéré que l’insistance du Polisario sur le référendum constitue un signal préoccupant quant aux difficultés du processus politique conduit par l’ONU. Il a estimé que la tentative d’interpréter la résolution 2797 du Conseil de sécurité comme un mécanisme exclusivement destiné à consacrer l’option de l’indépendance constitue une lecture sélective du texte.
Il a rappelé que cette résolution, comme celles qui l’ont précédée, appelle les parties à négocier dans un esprit de réalisme et de compromis. Elle reconnaît le sérieux et la crédibilité de la proposition d’autonomie présentée par le Maroc comme base pour parvenir à une solution politique acceptable.
Abdelwahab El Kayen a également souligné que la prétention du Polisario à représenter exclusivement les Sahraouis soulève des questions démocratiques et juridiques. Il a rappelé que la représentation dans les provinces du Sud du Maroc repose sur des institutions élues aux niveaux local, régional et national, choisies par le biais d’élections auxquelles participent régulièrement les habitants de la région.
Des tensions internes au sein des camps
De son côté, Saïd Bouchakouk, chercheur en développement et aménagement du territoire, a analysé la situation. Il estime que la perspective d’une solution définitive repose désormais sur le contenu de la résolution 2797, qui consacre clairement l’option de l’autonomie sous souveraineté marocaine comme base de négociation.
Dans une déclaration à Hespress, il a indiqué que les déclarations de certains dirigeants du Polisario tentant de contrecarrer cette orientation internationale ne seraient que des réactions circonstancielles. Leur objectif principal serait de contenir les tensions et les fractures au sein des camps de Tindouf, en utilisant un discours politique destiné à gagner du temps.
Il a expliqué que ces manœuvres discursives cherchent à convaincre les habitants des camps que toute orientation vers l’autonomie résulterait de pressions extérieures. Ceci viserait à absorber les tensions internes, alors même que le processus de consultations politiques entre les parties a déjà commencé sous l’égide de l’ONU.
Les risques d’une opposition prolongée
Concernant les conséquences de ces positions, Saïd Bouchakouk a estimé que la poursuite d’une opposition à l’orientation internationale vers une solution réaliste va à l’encontre de la dynamique actuelle visant à clore ce dossier. Il a averti que de tels discours pourraient compromettre la dernière opportunité de règlement, avec des répercussions négatives potentielles sur la stabilité de l’ensemble de la région du Maghreb.
Dans ce contexte, il a souligné que les grandes transformations géopolitiques mondiales imposent une nouvelle lecture de la réalité internationale fondée sur les intérêts et les rapports de force plutôt que sur des discours idéologiques.
Les prochaines étapes du processus politique seront déterminantes. Les parties concernées, sous l’égide de l’envoyé personnel du Secrétaire général de l’ONU, sont attendues sur la poursuite des consultations en vue de relancer des négociations directes. La communauté internationale, à travers le Conseil de sécurité, surveillera l’évolution des positions et l’engagement de chacun dans la recherche d’une solution politique réaliste, pragmatique et durable, conforme aux résolutions onusiennes.
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