Le gouvernement marocain a lancé, ce mercredi à Rabat, un nouveau programme d’insertion professionnelle visant spécifiquement les jeunes sans diplôme. Intitulé « IDMAJ », cette initiative ambitionne d’accompagner 30 000 jeunes non qualifiés vers l’emploi sur une période de trois ans. Le ministre de l’Inclusion économique, de la Petite entreprise, de l’Emploi et des Compétences, Younes Sekkouri, a présidé la cérémonie de lancement, soulignant la priorité accordée à la lutte contre le chômage des jeunes, en particulier ceux en dehors du système éducatif formel.
Les contours opérationnels du dispositif
Le programme « IDMAJ » se structure autour d’un partenariat entre l’État, représenté par l’Agence nationale de promotion de l’emploi et des compétences (ANAPEC), et le secteur privé. Son mécanisme repose sur une subvention étatique versée aux entreprises qui embauchent et forment ces jeunes. L’aide financière est conçue pour couvrir une partie significative du coût salarial pendant une durée déterminée, incitant ainsi les employeurs à ouvrir leurs portes à un profil souvent marginalisé sur le marché du travail.
Les bénéficiaires ciblés sont les Marocains âgés de 18 à 45 ans, sans aucun diplôme ou qualification reconnue, et inscrits auprès des services de l’ANAPEC. Le processus d’insertion comprendra une phase d’orientation, suivie d’une formation pré-emploi adaptée aux besoins de l’entreprise recruteuse, puis d’un contrat de travail formalisé.
Un axe central de la politique de l’emploi
Ce lancement s’inscrit dans le cadre des efforts renouvelés des autorités pour absorber le chômage des jeunes, dont le taux reste préoccupant selon les derniers indicateurs du Haut-Commissariat au Plan. Le programme « IDMAJ » vient compléter d’autres dispositifs existants, comme « Forsa » ou « Awrach », en se concentrant exclusivement sur la catégorie la plus vulnérable face au chômage : les non-diplômés.
Lors de son allocution, le ministre Sekkouri a rappelé que l’inclusion économique de tous les citoyens constitue un pilier du modèle de développement social. Il a insisté sur la nécessité d’une collaboration étroite avec les fédérations professionnelles et les entreprises de toutes tailles pour garantir le succès opérationnel du programme sur le terrain.
Réactions et attentes des partenaires sociaux
Les premières réactions des représentants du secteur privé présents au lancement ont été globalement positives, saluant une mesure concrète qui allège la charge financière liée à l’embauche et à la montée en compétence. Cependant, certains ont émis le souhait de voir les procédures administratives simplifiées pour un déploiement rapide et efficace.
Du côté des organisations de la société civile œuvrant dans le domaine de l’emploi, l’initiative est perçue comme un pas dans la bonne direction. Elles attendent de voir comment le programme sera déployé dans les régions, notamment en milieu rural, et comment il garantira un accompagnement de qualité et un emploi durable au-delà de la période de subvention.
Prochaines étapes et calendrier prévisionnel
La phase de déploiement opérationnel du programme « IDMAJ » débutera dans les prochaines semaines. L’ANAPEC, en charge de la mise en œuvre, ouvrira les candidatures pour les jeunes éligibles et lancera une campagne de sensibilisation à destination des entreprises potentielles. Un comité de suivi, associant les différentes parties prenantes, sera mis en place pour évaluer régulièrement les indicateurs de performance, tels que le nombre de contrats signés et le taux de rétention en poste après la fin de l’aide de l’État. Les premiers bilans d’étape sont attendus d’ici la fin de l’année civile.
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