La série télévisée marocaine « Bnat Lalla Mennana » a fait son retour sur le petit écran ce mois-ci, après treize années d’absence. Cette troisième saison, très attendue par le public, intègre de manière significative les chants et les rituels de la Hadra Chefchaounia, une pratique soufie ancestrale propre à la ville de Chefchaouen, contribuant ainsi à sa redécouverte par un large public national.
Un virage narratif au service du patrimoine
Dès les premières scènes diffusées, les héroïnes de la série sont placées au cœur d’intrigues qui les amènent à participer à des cérémonies de Hadra. Cette immersion sonore et visuelle offre une représentation médiatique rare de cette tradition spirituelle, habituellement confinée à des cercles religieux ou à des événements culturels spécifiques.
La Hadra Chefchaounia, qui signifie littéralement « présence » en arabe, est une pratique de dhikr, ou remembrance de Dieu, propre à la confrérie soufie des Aïssawa. Elle se caractérise par des chants psalmodiés, une musique rythmée aux percussions et des mouvements corporels pouvant mener à la transe, le tout dans un objectif de purification spirituelle.
Une initiative saluée par les observateurs culturels
L’introduction de cet élément du Patrimoine immatériel marocain dans une production de divertissement grand public est perçue par plusieurs experts comme une initiative pertinente. Elle permet de documenter et de sauvegarder visuellement une tradition orale, tout en sensibilisant les jeunes générations à un aspect méconnu de leur héritage culturel.
Des chercheurs en anthropologie culturelle ont souligné l’importance d’une telle démarche, notant que la Télévision, en tant que média de masse, joue un rôle crucial dans la préservation de la mémoire collective, surtout lorsque les pratiques traditionnelles évoluent ou se raréfient.
Un équilibre entre divertissement et authenticité
La production de la série a indiqué avoir collaboré avec des maîtres de la confrérie Aïssawa de Chefchaouen pour garantir une représentation respectueuse et authentique des rituels filmés. Cette collaboration visait à éviter tout folklore réducteur et à ancrer les séquences dans leur contexte spirituel et social réel.
Les scènes ont été tournées sur place, à Chefchaouen, intégrant des lieux emblématiques de la ville bleue, ce qui renforce la dimension patrimoniale et géographique du projet. La bande-son originale incorpore des enregistrements de véritables séances de Hadra.
Perspectives et suites attendues
La réception de cette saison par le public marocain sera scrutée pour évaluer l’impact de cette valorisation culturelle. Les acteurs culturels de la région du Nord espèrent que cette visibilité médiatique pourra stimuler un intérêt touristique plus orienté vers le patrimoine immatériel et les traditions spirituelles de Chefchaouen, au-delà de son attrait esthétique immédiat.
Parallèlement, des discussions sont en cours avec des institutions culturelles nationales pour envisager la création de contenus documentaires dérivés, approfondissant l’histoire et le sens de la Hadra Chefchaounia. La diffusion de la saison se poursuivra hebdomadairement, avec plusieurs épisodes encore à venir qui devraient approfondir cette thématique patrimoniale.
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