Les tensions géopolitiques au Moyen-Orient, entrées dans leur quatrième semaine ce lundi, exercent une pression croissante sur l’économie mondiale. La hausse des prix du pétrole et l’incertitude entourant le conflit ont provoqué un recul généralisé des principales places boursières, alimentant les craintes d’une reprise de l’inflation et d’un ralentissement de la croissance.
Lundi, les cours du pétrole ont poursuivi leur ascension. Vers 8h30 GMT, le baril de brut de référence américain, le West Texas Intermediate (WTI), prenait 2,10% pour s’échanger à 100,29 dollars. Le baril de Brent de la mer du Nord progressait quant à lui de 1,51% à 113,88 dollars. Cette flambée prolonge une tendance haussière observée depuis le début des hostilités.
Les bourses mondiales en territoire négatif
Dans ce contexte, les marchés financiers ont réagi vivement. Les Bourses européennes ont ouvert en net recul. Vers 8h05 GMT, Paris cédait 1,44%, Londres 1,46%, Milan 1,76% et Francfort 1,89%. La tendance était également négative en Asie. L’indice Nikkei de Tokyo a terminé en baisse de 3,47% à 51.515,49 points. À Séoul, le Kospi a chuté de 6,5%, une baisse attribuée à la forte dépendance de la Corée du Sud aux importations de pétrole. Hong Kong reculait de 3,8%.
Le directeur de l’Agence internationale de l’énergie (AIE), Fatih Birol, a mis en garde contre les conséquences de cette crise énergétique. Il a déclaré lundi qu’aucun pays ne serait immunisé si la situation persistait, évoquant une menace majeure pour l’économie mondiale. Selon lui, au moins 40 sites énergétiques ont été gravement endommagés dans la région et environ 11 millions de barils par jour ont été perdus, un volume supérieur aux pertes enregistrées lors des chocs pétroliers des années 1970.
Des répercussions concrètes et des tensions géopolitiques
Les perturbations commencent à se matérialiser dans plusieurs pays. Au Cambodge, un important fournisseur d’énergie a annoncé la suspension des ventes de gaz de pétrole liquéfié (GPL) à partir d’avril, citant des difficultés d’approvisionnement. L’Indonésie étudie des mesures d’économies pouvant atteindre 80.000 milliards de roupies (4,7 milliards de dollars), dont l’instauration d’une journée de télétravail hebdomadaire pour les fonctionnaires pour limiter la consommation de carburant.
Parallèlement, les tensions diplomatiques s’intensifient. L’Iran a affirmé qu’il fermerait entièrement le détroit d’Ormuz, voie maritime cruciale pour les exportations pétrolières mondiales, si les États-Unis mettaient à exécution leur menace de viser ses centrales électriques. Cette déclaration fait suite à un ultimatum du président américain Donald Trump exigeant la réouverture totale du détroit.
Le ministre iranien de l’Énergie, Abbas Aliabadi, a pour sa part déclaré que les infrastructures vitales du pays en matière d’eau et d’électricité avaient subi de lourds dommages à la suite d’attaques qualifiées de terroristes et cybernétiques menées par les États-Unis et Israël. Des dizaines d’installations de traitement et de transmission d’eau auraient été touchées.
Alertes du secteur et réactions en Europe
Les acteurs du secteur énergétique tirent la sonnette d’alarme. Le PDG de TotalEnergies, Patrick Pouyanné, a estimé qu’environ 10 millions de barils de pétrole par jour ne pouvaient plus être exportés depuis le Golfe. Il a averti qu’un conflit prolongé au-delà de six mois affecterait toutes les économies du monde.
En Europe, la Commission européenne a appelé les États membres à réduire temporairement leurs objectifs de stockage de gaz pour l’hiver prochain, passant de 90% à 80%, dans le but d’atténuer la pression sur les prix. Cette initiative, révélée dans un courrier du commissaire européen à l’énergie Dan Jorgensen, vise à rassurer les marchés.
Les prochains jours seront déterminants pour observer l’évolution des négociations diplomatiques et leur impact sur la sécurité des approvisionnements énergétiques. Les marchés resteront probablement volatils tant que des signes clairs de désescalade ne seront pas perceptibles, avec une attention particulière portée sur la situation dans le détroit d’Ormuz et les déclarations des principales puissances impliquées.
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