La ville de Tinghir, située dans la région de Drâa-Tafilalet au Maroc, a officiellement lancé une stratégie de montée en gamme de son offre touristique. Cette initiative, présentée cette semaine par les autorités locales et le Conseil régional du tourisme, vise à transformer la perception de cette destination, longtemps considérée comme une étape, en une expérience touristique à part entière et durable.
Les fondements d’une nouvelle stratégie
Cette démarche s’appuie sur un diagnostic précis des atouts et des faiblesses du territoire. Tinghir dispose d’un patrimoine naturel exceptionnel, avec les gorges du Todgha, les contreforts du Haut Atlas, et un système oasien ancien. Cependant, son économie touristique a souvent pâti d’un manque d’infrastructures d’accueil diversifiées et d’une offre culturelle structurée.
Le plan présenté prévoit plusieurs axes d’intervention. Le premier concerne l’amélioration et la professionnalisation de l’hébergement, avec un soutien à la labellisation des maisons d’hôtes et au développement d’établissements respectueux de l’environnement. Le second axe porte sur la valorisation du patrimoine culturel immatériel, notamment les savoir-faire artisanaux et les traditions des populations locales.
Infrastructures et formation professionnelle
Des investissements sont également programmés pour améliorer les accès à certains sites naturels et pour créer des centres d’interprétation. Parallèlement, un volet important est consacré à la formation des acteurs du secteur, des guides aux gérants d’établissements, afin d’élever le niveau de service global.
Les autorités insistent sur le modèle de développement choisi, qui privilégie un tourisme à taille humaine, réparti sur l’ensemble de l’année, et générateur de revenus stables pour les habitants. Cette vision cherche à éviter les effets négatifs du tourisme de masse observés dans d’autres régions.
Réactions et implications économiques
Les professionnels du secteur accueillent généralement cette orientation avec prudence et optimisme. Les représentants des associations de guides et d’artisans y voient une opportunité de mieux vivre de leur activité. Ils soulignent néanmoins la nécessité d’un accompagnement concret et d’un calendrier clair pour les mesures annoncées.
Sur le plan économique, cette stratégie s’inscrit dans une logique de diversification et de création d’emplois locaux, en particulier pour les jeunes diplômés. Elle vise aussi à mieux répartir les flux touristiques nationaux et internationaux au sein du Royaume, en désenclavant des destinations de l’intérieur.
Les prochaines étapes, selon le calendrier officiel, incluent le lancement d’appels à projets pour les investisseurs intéressés par l’écotourisme et le tourisme culturel dès le prochain trimestre. Une campagne de promotion ciblée, mettant en avant les nouvelles offres, est prévue pour la saison touristique suivante. Le succès de cette transition dépendra largement de la coordination entre les acteurs publics, privés et associatifs sur le terrain.
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