Le parquet de Paris a requis, mardi, une peine de dix-huit ans de réclusion criminelle contre l’islamologue suisse Tariq Ramadan, jugé par défaut pour des accusations de viols portées par trois femmes. La cour criminelle départementale, qui siège à huis clos, a également entendu la demande d’émission d’un mandat d’arrêt immédiat à l’encontre de l’accusé, absent depuis l’ouverture de son procès le 2 mars dernier.
Outre la peine d’emprisonnement, le ministère public a sollicité un suivi socio-judiciaire strict. Ce suivi comprendrait l’interdiction de tout contact avec les plaignantes et l’impossibilité de produire des contenus en lien avec les faits reprochés. Une peine d’inéligibilité de dix ans et l’inscription au fichier des auteurs d’infractions sexuelles ou violentes ont également été demandées par l’avocat général.
Une absence contestée par la justice
La défense de Tariq Ramadan avait justifié son absence par une hospitalisation à Genève, invoquant une aggravation de son état de santé liée à une sclérose en plaques. En réponse, la présidente de la cour, Corinne Goetzmann, a ordonné une expertise médicale confiée à deux neurologues.
Leur rapport, présenté à l’audience début mars, a conclu que l’état de santé de l’accusé était stable, sans signe de rechute récente, et compatible avec une comparution devant la justice. Sur cette base, la cour a refusé le report du procès, conduisant à un jugement par défaut.
Estimant ne pas pouvoir assurer une défense équitable dans ces conditions, les avocats de Tariq Ramadan ont quitté l’audience. Un mandat d’arrêt à effet immédiat a été délivré par la juridiction.
Les faits reprochés
Tariq Ramadan, âgé de 63 ans, est poursuivi en France pour des faits présumés commis entre 2009 et 2016. Les accusations portent sur un viol aggravé à Lyon en 2009 sur une femme présentée comme vulnérable, une agression sexuelle en 2012 à Paris dénoncée par Henda Ayari, ainsi qu’un troisième cas remontant à 2016.
L’islamologue a déjà été condamné en Suisse pour un viol. Le procès parisien se déroule à huis clos, à la demande d’une des parties civiles.
La suite de la procédure
Après les réquisitions du parquet, la parole revient désormais aux avocats des parties civiles, qui présenteront leurs conclusions. La défense, bien qu’ayant quitté l’audience, pourra toujours déposer des écritures. Le verdict de la cour criminelle départementale de Paris est attendu après cette phase de plaidoiries. La décision judiciaire interviendra dans un contexte de forte attention médiatique et de sensibilité autour des affaires de violences sexuelles.
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