Enquête TALIS 2024 : Une concentration d’enseignants débutants dans les écoles défavorisées au Maroc

Enquête TALIS 2024 : Une concentration d’enseignants débutants dans les écoles défavorisées au Maroc

Les résultats de la participation du Maroc à l’enquête internationale TALIS 2024, présentés par l’Instance nationale d’évaluation du Conseil supérieur de l’éducation, de la formation et de la recherche scientifique (CSEFRS), révèlent des déséquilibres significatifs dans la répartition des enseignants, notamment une surreprésentation des débutants dans les établissements les plus contraints.

Le rapport dresse un état des lieux détaillé de la profession enseignante au niveau collégial. Il met en lumière un rajeunissement notable du corps professoral, dont l’âge moyen est de 39 ans. Près de 30% des enseignants disposent de moins de six années d’expérience professionnelle.

Cette structure démographique cache cependant des disparités importantes selon le contexte d’exercice. Les données montrent que les enseignants les plus jeunes et les moins expérimentés sont affectés en plus grand nombre dans les établissements publics, situés en zones rurales, et dans les classes comptant une forte proportion d’élèves en difficulté scolaire.

Des écarts marqués entre milieux rural et urbain

L’enquête quantifie cet écart. Dans certains cas, la proportion d’enseignants en début de carrière peut atteindre 50% en milieu rural, contre 32% en milieu urbain. Les écoles accueillant des élèves issus de milieux socio-économiques défavorisés ou ayant des besoins éducatifs particuliers présentent également une concentration plus élevée de jeunes enseignants.

Ces éléments traduisent des inégalités dans la répartition de l’expérience professionnelle au sein du système éducatif marocain. Or, l’expérience est identifiée par l’enquête TALIS comme un facteur associé à la capacité à atteindre les objectifs pédagogiques.

Les enseignants expérimentés disposent généralement d’une maîtrise plus affirmée des pratiques d’enseignement et de la gestion de la classe. Le CSEFRS souligne ainsi que la structure et la répartition géographique et sociale du corps enseignant sont des éléments essentiels pour analyser le fonctionnement du système.

Un contexte d’expansion du système éducatif

Ces constats interviennent dans un contexte marqué par l’expansion de l’accès à l’éducation et le recrutement accru d’enseignants pour répondre aux besoins du système. L’enquête TALIS 2024 fournit donc des données cruciales pour éclairer les politiques publiques de gestion des ressources humaines dans le secteur.

Elle met en évidence la nécessité de mieux comprendre les conditions d’exercice, les profils et l’affectation des enseignants. L’objectif est d’améliorer la qualité des apprentissages et de relever les défis posés par la diversité des contextes scolaires.

Cette première participation du Maroc à l’enquête TALIS offre un référentiel international pour situer le système éducatif national. Elle permet d’identifier des leviers d’amélioration, notamment en matière de formation initiale et continue, d’accompagnement et de politique d’affectation des enseignants sur le territoire.

Les données recueillies serviront de base pour des analyses plus poussées et pour orienter les décisions stratégiques. Le CSEFRS et l’Instance nationale d’évaluation devraient poursuivre l’exploitation de ces résultats afin de formuler des recommandations précises aux autorités en charge de l’éducation nationale.

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