La Banque mondiale salue le modèle marocain de financement vert pour l’agriculture et l’eau

La Banque mondiale salue le modèle marocain de financement vert pour l’agriculture et l’eau

La Banque mondiale a récemment mis en lumière l’approche du Maroc en matière de financement vert pour une gestion durable de l’eau dans le secteur agricole. Cette reconnaissance intervient dans un contexte de pression accrue sur les ressources hydriques, face à la nécessité de nourrir une population mondiale croissante. Le modèle marocain est présenté comme une référence pour d’autres pays confrontés à des défis similaires de rareté de l’eau et d’adaptation au changement climatique.

Le royaume a engagé, depuis plusieurs années, une transformation profonde de son secteur agricole à travers la stratégie « Génération Green 2020-2030 ». Cette feuille de route vise explicitement à améliorer la résilience et la durabilité de l’agriculture, avec un accent particulier sur la préservation et l’optimisation de l’usage de l’eau. La gestion de cette ressource vitale constitue un pilier central de la politique agricole nationale.

Les mécanismes de financement vert

Le modèle qui retient l’attention repose sur la mobilisation de financements innovants et durables. Il combine des instruments publics, des investissements privés et des fonds climatiques internationaux. L’objectif est de soutenir la transition vers des pratiques agricoles plus économes en eau, telles que l’irrigation goutte-à-goutte, et de financer des infrastructures hydrauliques modernes.

Des institutions financières nationales ont développé des lignes de crédit dédiées aux projets d’économie d’eau et d’énergie dans l’agriculture. Ces dispositifs sont souvent accompagnés de subventions ou d’incitations de l’État pour en faciliter l’accès aux agriculteurs, notamment aux petits exploitants. Cette combinaison vise à réduire les risques perçus par les banques et à accélérer l’adoption de technologies efficientes.

Un contexte de stress hydrique

La mise en avant de ce modèle par la Banque mondiale n’est pas fortuite. Le Maroc subit de plein fouet les effets de sécheresses récurrentes et d’une variabilité climatique prononcée. La baisse de la disponibilité en eau par habitant et la surexploitation des nappes phréatiques rendent impérative une gestion plus rationnelle de la ressource. Le secteur agricole, principal consommateur d’eau du pays, est au cœur de cet enjeu de sécurité nationale.

Les autorités marocaines ont intégré cette contrainte dans leur planification. Les grands projets de dessalement d’eau de mer, d’utilisation des eaux usées traitées et de construction de barrages s’inscrivent dans une vision plus large de sécurisation de l’approvisionnement. Toutefois, la Banque mondiale souligne que la gestion de la demande, via des financements ciblant l’efficacité, est tout aussi cruciale.

L’institution financière internationale estime que les expériences acquises au Maroc en matière de conception et de déploiement de ces instruments financiers verts sont transposables. Elles pourraient inspirer d’autres nations, en particulier dans la région Moyen-Orient et Afrique du Nord (MENA), qui partagent des conditions climatiques arides ou semi-arides.

Les prochaines étapes et perspectives

La reconnaissance par la Banque mondiale devrait conforter la voie choisie par le Maroc. Elle pourrait également faciliter l’accès à des financements climatiques additionnels de la part d’autres partenaires internationaux. Les observateurs s’attendent à une intensification des efforts pour élargir l’échelle des projets financés et toucher un plus grand nombre d’agriculteurs.

Les défis restent de taille, notamment celui de l’inclusion des petites exploitations familiales dans ces circuits de financement vert. La simplification des procédures et l’assistance technique accompagnant les prêts sont des facteurs clés de succès identifiés. La pérennité du modèle dépendra aussi de sa capacité à démontrer des impacts concrets et mesurables sur la productivité de l’eau et la résilience des revenus agricoles.

Les prochains rapports de la Banque mondiale et des agences onusiennes suivront probablement l’évolution de ces indicateurs. Au niveau national, la mise en œuvre de la seconde phase de la stratégie « Génération Green » et du Programme National d’Approvisionnement en Eau Potable et d’Irrigation 2020-2027 fournira des données tangibles sur l’efficacité de cette approche de financement. La convergence des politiques agricoles, hydriques et financières continuera d’être scrutée comme un exemple de gouvernance intégrée des ressources naturelles.

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