Un sénateur américain de plus soutient la désignation du Front Polisario comme organisation terroriste

Un sénateur américain de plus soutient la désignation du Front Polisario comme organisation terroriste

Le sénateur républicain américain David McCormick a annoncé son soutien officiel à un projet de loi visant à classer le Front Polisario comme organisation terroriste étrangère. Cette initiative législative, déposée le 13 mars 2026 au Sénat, bénéficie ainsi d’un nouvel appui influent, renforçant sa dynamique au sein de la chambre haute du Congrès américain.

Le texte, intitulé « Polisario Front Terrorist Designation Act of 2026 », est porté par les sénateurs Ted Cruz, Tom Cotton et Rick Scott. Son objectif est de créer un mécanisme officiel permettant la désignation formelle du mouvement séparatiste. Une telle désignation activerait les instruments juridiques américains les plus puissants en matière de lutte contre le terrorisme, incluant des sanctions financières, des restrictions de déplacement et le gel des ressources.

L’engagement de David McCormick, ancien président-directeur général du fonds Bridgewater Associates, est intervenu moins de dix jours après la présentation du projet de loi. Ce ralliement rapide témoigne de la capacité de cette proposition à fédérer des soutiens, en particulier parmi les élus conservateurs.

Les dispositions et justifications du projet de loi

La proposition impose au secrétaire d’État américain de déclencher la procédure de désignation si des liens sont établis entre le Front Polisario et des organisations iraniennes déjà inscrites sur les listes terroristes des États-Unis. Elle prévoit également la production d’un rapport détaillé du département d’État sur les transferts d’armes, l’utilisation de drones, les opérations militaires conjointes et les activités de renseignement impliquant le mouvement.

Pour le sénateur Ted Cruz, principal promoteur de la loi, l’Iran chercherait à transformer le Front Polisario en un équivalent africain des Houthis. Il affirme que cette transformation passerait par la fourniture de drones et d’armes via le Corps des Gardiens de la révolution islamique (IRGC) afin de déstabiliser la région et d’exercer une pression sur les alliés des États-Unis. « Ce projet garantira que les sanctions antiterroristes les plus puissantes puissent être appliquées pour contrer ces menaces », a-t-il déclaré.

Une dynamique parallèle à la Chambre des représentants

Cette offensive législative ne se limite pas au Sénat. Un projet de loi similaire est en cours d’examen à la Chambre des représentants. Introduit en juin 2025 par le républicain Joe Wilson, il vise également à inscrire le Front Polisario sur la liste des organisations terroristes étrangères et à permettre l’imposition de sanctions américaines.

Le texte de la Chambre a rassemblé dix cosignataires à ce jour. Parmi eux figurent les représentants Mario Diaz-Balart (Floride), Jefferson Shreve (Indiana), Randy Fine (Floride), Lance Gooden (Texas), Pat Harrigan (Caroline du Nord), Zachary Nunn (Iowa), Don Bacon (Nebraska) et, plus récemment, Claudia Tenney (New York), qui a officiellement cosigné le texte le 9 mars 2026.

Comme la version sénatoriale, ce projet exige la production de rapports détaillés sur la structure et les opérations du Front Polisario, ses soutiens extérieurs, ainsi que ses liens présumés avec l’Iran et d’autres groupes classés comme terroristes par Washington.

Contexte et prochaines étapes

Cette initiative s’inscrit dans la continuité de positions exprimées lors d’auditions sénatoriales début février 2026, consacrées à la sécurité au Maghreb et au Sahel. Ted Cruz y avait déjà évoqué la nécessité de combler une lacune stratégique en ciblant le Polisario, qu’il décrit comme une force proxy capable de menacer la stabilité régionale et les partenaires américains.

La dynamique simultanée dans les deux chambres du Congrès illustre une volonté législative croissante de cibler le Front Polisario à l’échelle fédérale. Les prochaines étapes pour ces projets de loi impliqueront des examens en commission, des auditions potentielles et des votes en séance plénière dans chaque chambre. Aucun calendrier précis pour ces étapes n’a été annoncé à ce stade.

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