Le chanteur et rappeur d’origine congolaise Gims a été placé en garde à vue en France mercredi dans le cadre d’une enquête judiciaire pour blanchiment d’argent en bande organisée. L’artiste, de son vrai nom Gandhi Djuna, a été interpellé par le service national des douanes judiciaires à son arrivée à l’aéroport Paris-Charles-de-Gaulle, selon des sources proches du dossier.
L’information a été confirmée par le parquet national anti-criminalité organisée (Pnaco), qui suit cette procédure. Le placement en garde à vue intervient dans le cadre d’une commission rogatoire délivrée par des juges d’instruction parisiens.
Contexte de l’enquête
Selon le site d’information Africa Intelligence, à l’origine de la révélation, les magistrats enquêtent sur un réseau international et complexe de blanchiment de capitaux. Ce réseau impliquerait, selon leurs informations, de nombreuses sociétés créées spécifiquement dans différents pays.
L’objectif présumé de ce montage était de contourner la TVA et d’autres taxes françaises, de faciliter l’émission de fausses factures, et de blanchir des fonds issus d’activités illégales tout en en dissimulant l’origine.
Le même site indique que cinq anciens trafiquants de drogue de la région parisienne, reconvertis dans la criminalité financière, auraient déjà été mis en cause dans cette affaire. Les investigations semblent donc cibler un cercle élargi au-delà de la seule personnalité artistique.
Réactions et statut de l’artiste
Contacté par l’Agence France-Presse, Me David-Olivier Kaminski, l’avocat de Gims, n’a pas souhaité réagir dans l’immédiat. Aucune déclaration officielle n’a été faite par la défense au moment des faits rapportés.
Gims, âgé de 39 ans, est une figure majeure de la scène musicale francophone. Il a été désigné comme le plus gros vendeur de disques en France pour l’année 2025, témoignant de sa popularité et de son influence dans le paysage culturel.
Son arrestation à l’aéroport suggère que les autorités judiciaires ont procédé à son interpellation dès son retour sur le territoire français, peut-être dans le cadre d’un déplacement international.
Procédures judiciaires en cours
La garde à vue est une mesure de privation de liberté permettant aux enquêteurs d’auditionner une personne mise en cause. Sa durée est strictement encadrée par la loi française. Le parquet national anti-criminalité organisée, chargé de ce dossier, est spécialisé dans les affaires complexes de grande délinquance financière et criminelle.
Le fait que l’affaire soit qualifiée de « blanchiment en bande organisée » indique que les investigations portent sur des agissements supposés concertés et structurés, ce qui constitue une circonstance aggravante en droit français.
Les éléments précis des charges pesant sur l’artiste n’ont pas été rendus publics par les autorités judiciaires, qui mènent leurs investigations sous le secret de l’instruction.
Prochaines étapes de la procédure
À l’issue de sa garde à vue, Gims pourra être présenté à un magistrat instructeur. Les juges d’instruction pourront alors décider de sa mise en examen, de son renvoi devant un tribunal, ou de son placement sous le statut de témoin assisté, selon les éléments recueillis.
Ils pourront également ordonner son placement sous contrôle judiciaire, avec ou sans caution, ou demander sa libération sans poursuite immédiate. La complexité présumée du dossier et son caractère international laissent supposer que les investigations pourront se prolonger.
Les avocats de la défense auront accès au dossier dans les phases ultérieures de la procédure et pourront formuler des requêtes. La suite judiciaire dépendra des preuves rassemblées par les douanes judiciaires et le parquet anti-criminalité organisée.
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