Réforme éducative : le gouvernement marocain place la dignité des enseignants au cœur de sa feuille de route

Réforme éducative : le gouvernement marocain place la dignité des enseignants au cœur de sa feuille de route

Les travaux de la deuxième édition du Forum National de l’Enseignant se sont ouverts, mercredi, sous le Haut Patronage du Roi Mohammed VI. Cet événement, placé sous le thème « L’enseignant au cœur de la transformation éducative », a réuni des responsables gouvernementaux, institutionnels et divers acteurs du secteur de l’éducation.

Le Chef du gouvernement, Aziz Akhannouch, a affirmé que la revalorisation de la profession enseignante constitue une volonté politique centrale. Il a souligné que la dignité et la stabilité professionnelle du corps enseignant sont les fondements de toute réforme ambitieuse du système éducatif, conformément aux Hautes Orientations Royales.

Des mesures concrètes de revalorisation

La concrétisation de cette ambition s’est traduite par plusieurs décisions. L’approbation du nouveau statut unifié de la fonction publique touche près de 336 000 fonctionnaires, avec une augmentation salariale mensuelle d’au moins 1 500 dirhams. Cet effort représente une enveloppe annuelle d’environ 17 milliards de dirhams.

Sur le plan budgétaire, l’État a consenti un effort conséquent. Le budget alloué à l’Éducation nationale est passé d’environ 59 milliards de dirhams en 2021 à près de 99 milliards de dirhams prévus pour 2026.

L’enseignant, acteur central de la transformation

Le ministre de l’Éducation nationale, du Préscolaire et des Sports, Mohamed Saad Berrada, a rappelé que la feuille de route 2022-2026 place l’élève au centre de l’apprentissage. Il a insisté sur le fait qu’aucune transformation ne peut aboutir sans l’enseignant, un constat aligné sur les directives royales visant à valoriser le capital humain.

Rahma Bourqia, présidente du Conseil Supérieur de l’Éducation, de la Formation et de la Recherche Scientifique (CSEFRS), a salué ce forum comme une tradition annuelle essentielle. Face aux bouleversements technologiques, elle a insisté sur l’urgence d’adopter des méthodes pédagogiques innovantes et des environnements d’apprentissage interactifs pour développer l’esprit critique des élèves.

Un soutien logistique et social renforcé

Youssef El Bakkali, président de la Fondation Mohammed VI de Promotion des Œuvres Sociales de l’Éducation-Formation, a détaillé les actions d’accompagnement. Dans le cadre de son partenariat avec le ministère, la Fondation a fourni plus de 117 000 ordinateurs et 37 000 vidéoprojecteurs aux enseignants des Écoles Pionnières.

Sur le plan social, la Fondation compte plus de 562 000 adhérents, totalisant plus d’un million de bénéficiaires. Près de 500 000 familles ont bénéficié d’une couverture médicale complémentaire, en plus des programmes d’aide au logement et des bourses d’excellence.

Le programme des Écoles Pionnières constitue un levier stratégique pour réhabiliter l’école publique. Parallèlement, le réseau des centres de la « Deuxième Chance » a été étendu, passant de 123 structures en 2021 à 222 prévues en 2025, afin de lutter contre le décrochage scolaire.

Les prochaines étapes de la réforme éducative s’appuieront sur le déploiement continu de la feuille de route gouvernementale 2022-2026. L’évaluation des programmes, notamment celui des Écoles Pionnières, et le suivi de l’impact des mesures sociales et salariales sur la profession enseignante figureront parmi les priorités des autorités dans les mois à venir.

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