Conflit israélo-iranien : un mois de guerre, Washington vise une issue sous quinze jours

Conflit israélo-iranien : un mois de guerre, Washington vise une issue sous quinze jours

Le conflit armé entre Israël et l’Iran est entré dans son deuxième mois samedi, sans signe d’accalmie. Les échanges de frappes se poursuivent, tandis que les États-Unis affirment que leurs objectifs militaires pourraient être atteints dans un délai de deux semaines. Cette prolongation des hostilités continue de peser sur les marchés mondiaux de l’énergie et fait craindre une escalade régionale.

Pour la première fois depuis le début des hostilités, un missile tiré depuis le Yémen a visé Israël samedi. Les rebelles Houthis, soutenus par Téhéran, avaient précédemment menacé de s’impliquer directement dans le conflit. Parallèlement, des explosions violentes ont été entendues à l’aube à Téhéran, où des panaches de fumée noire ont été observés. L’armée israélienne a confirmé mener des frappes sur des cibles du régime iranien dans la capitale.

Risques nucléaires et bilans humains

La centrale nucléaire de Bouchehr, dans le sud de l’Iran, a été touchée pour la troisième fois en dix jours, selon l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) citant des sources iraniennes. Aucun dommage au réacteur actif ni fuite radioactive n’ont été signalés. Le directeur de l’AIEA, Rafael Grossi, a toutefois réitéré son appel à « une retenue militaire maximale » pour éviter un accident nucléaire.

En Israël, les services de secours ont rapporté la mort d’au moins une personne et deux blessés à Tel-Aviv suite à des tirs de missiles depuis l’Iran. Deux autres personnes ont été blessées par des éclats d’obus dans le sud du pays. Le chef du commandement intérieur israélien, Miki David, a décrit qu’un missile à sous-munitions avait causé des « destructions considérables » dans un immeuble résidentiel.

Pertes économiques et déclarations diplomatiques

Déclenchée le 28 février par des frappes américano-israéliennes sur l’Iran, cette guerre affecte durement les civils et perturbe les chaînes d’approvisionnement en gaz et pétrole, avec des répercussions sur l’économie mondiale. Le prix du baril de Brent clôturait en hausse vendredi au-dessus de 112 dollars.

Le secrétaire d’État américain, Marco Rubio, a déclaré vendredi s’attendre à ce que les objectifs de guerre de Washington en Iran soient atteints dans « les deux prochaines semaines ». Il a précisé que les États-Unis pourraient parvenir à ces fins sans déployer de troupes au sol, alors que des médias évoquent l’envoi potentiel de 10 000 soldats supplémentaires dans la région.

En réaction, le vice-président iranien Esmael Saghab Esfahani a averti sur le réseau X qu’une intervention au sol ferait monter le prix plancher du pétrole à 150 dollars le baril. De son côté, l’émissaire américain Steve Witkoff a exprimé l’espoir d’engager des discussions avec l’Iran dans la semaine.

Extension régionale et victimes collatérales

Le conflit s’étend géographiquement. En Arabie saoudite, une attaque iranienne contre la base aérienne Prince Sultan dans la nuit de vendredi à samedi a blessé au moins 12 soldats américains, selon plusieurs médias, et endommagé deux avions ravitailleurs. L’Iran a appelé les civils à éviter les zones hébergeant des forces américaines.

Aux Émirats arabes unis, cinq ressortissants indiens ont été blessés samedi par des débris provenant de l’interception d’un missile balistique au-dessus d’une zone industrielle d’Abou Dhabi.

Au Liban, entré en guerre le 2 mars après les tirs de roquettes du Hezbollah sur Israël, les frappes israéliennes se sont poursuivies vendredi sur le sud du pays, la plaine de la Bekaa et la banlieue sud de Beyrouth, faisant plusieurs morts. Le Hezbollah affirme mener des combats rapprochés dans le sud.

La situation des civils, pris en étau, se dégrade dans plusieurs zones. À Téhéran, les nuits sont marquées par les bombardements, tandis que les populations libanaises subissent également les conséquences des affrontements.

Les prochains jours seront décisifs pour l’évolution du conflit, alors que la fenêtre diplomatique évoquée par Washington coïncide avec une intensification des opérations militaires et des menaces sur les infrastructures énergétiques. La communauté internationale surveille particulièrement les risques d’escalade nucléaire et l’impact persistant sur les prix mondiaux des hydrocarbures.

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