Dimanche, le conflit au Moyen-Orient est entré dans son deuxième mois, marqué par une série de développements militaires et diplomatiques à travers la région. Les événements de la journée ont inclus des frappes aériennes, des attaques de drones, des menaces ciblant des intérêts éducatifs et des pertes humaines, illustrant l’élargissement géographique des hostilités.
L’Iran a condamné Israël pour ce qu’il qualifie d’« assassinat ciblé » après la mort de trois journalistes libanais, dont une correspondante de la chaîne al-Manar du Hezbollah, dans une frappe survenue samedi. Le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, a dénoncé sur Telegram une « violation flagrante du droit international ».
En Syrie, les forces de Damas ont annoncé avoir repoussé une attaque de drones venus d’Irak visant la base américaine de Qasrak, dans la province de Hassaké. Le vice-ministre syrien de la Défense, Sipan Hamo, a précisé sur le réseau social X que quatre drones avaient été abattus sans faire de victimes.
Selon l’agence de presse officielle iranienne Irna, des frappes américaines et israéliennes ont touché un quai du port iranien de Bandar Khamir, situé près du détroit d’Ormuz. L’attaque aurait fait cinq morts et quatre blessés. Par ailleurs, une série d’explosions a été entendue à Téhéran, selon un journaliste de l’AFP, bien que la cible et l’origine de ces détonations n’aient pas été immédiatement identifiées.
Réactions et représailles régionales
Au Liban, l’armée israélienne a annoncé la mort au combat d’un soldat de 22 ans, portant à cinq le nombre de ses militaires tués depuis la reprise des affrontements avec le Hezbollah. Parallèlement, les pays du Golfe ont de nouveau été la cible de projectiles. Le Koweït et les Émirats arabes unis ont signalé des attaques de missiles et de drones iraniens dimanche.
La veille, une attaque revendiquée par les Gardiens de la Révolution iraniens avait visé la fonderie d’Aluminium Bahrain (Alba), faisant deux blessés légers. Les Gardiens de la Révolution ont également revendiqué une attaque contre l’usine Emirates Aluminium (Emal) aux Émirats, accusant ces deux entreprises d’approvisionner l’armée américaine.
Les Gardiens de la Révolution ont par ailleurs menacé de cibler les universités américaines au Moyen-Orient. Ils ont donné jusqu’au lundi 30 mars à midi au gouvernement américain pour condamner officiellement, selon leurs termes, le bombardement de deux universités en Iran, faute de quoi des représailles seraient exercées. La région accueille plusieurs campus d’universités américaines, comme Texas A&M au Qatar ou New York University aux Émirats arabes unis.
Plans militaires et tensions diplomatiques
Le Washington Post a rapporté samedi, citant des responsables américains, que le Pentagone se préparait à des opérations terrestres de plusieurs semaines en Iran. Ces opérations, qui ne constitueraient pas une invasion à grande échelle, pourraient inclure des raids menés par des forces spéciales. Il reste incertain, selon le journal, si l’ancien président Donald Trump approuverait un tel plan.
Au Yémen, les rebelles Houthis, alliés de l’Iran, ont revendiqué samedi leurs premières attaques de missiles et de drones contre Israël depuis le début du conflit régional le 28 février. Leur porte-parole, Yahya Saree, a affirmé sur X avoir visé « plusieurs objectifs vitaux et militaires » en territoire israélien.
Les tensions se sont également manifestées en Irak. Les États-Unis ont condamné des attaques « perpétrées en Irak par les milices terroristes agissant pour le compte de l’Iran », notamment une attaque par drones samedi contre la résidence privée du président de la région du Kurdistan irakien, Nechirvan Barzani. Le président français Emmanuel Macron a qualifié cette attaque d’« inacceptable », appelant à « tout faire » pour empêcher que l’Irak ne soit « entraîné dans l’escalade en cours ». Par ailleurs, deux drones lancés vers l’ambassade des États-Unis à Bagdad ont été interceptés samedi par la défense antiaérienne irakienne.
La situation régionale reste extrêmement volatile. Les prochains jours devraient être marqués par une attention particulière aux éventuelles réponses aux menaces proférées, notamment concernant les intérêts universitaires, et à la poursuite des opérations militaires indirectes entre les acteurs régionaux et leurs alliés internationaux. La communauté internationale surveille les risques d’une escalade directe plus large, tandis que les capitales concernées évaluent leurs options stratégiques et diplomatiques.
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