Prix des carburants : la CDT appelle à un retour à la régulation et interpelle le gouvernement

Prix des carburants : la CDT appelle à un retour à la régulation et interpelle le gouvernement

La Confédération démocratique du travail (CDT) a adressé une lettre au chef du gouvernement, Aziz Akhannouch, pour réclamer des mesures urgentes face à la hausse des prix des carburants. Le syndicat met en cause les choix de libéralisation du secteur et demande un retour à une régulation par l’État pour protéger le pouvoir d’achat et la compétitivité économique.

Dans sa correspondance, l’organisation syndicale identifie des dysfonctionnements structurels profonds dans le secteur des hydrocarbures. Elle lie la situation actuelle aux politiques menées depuis les années 1990, notamment la privatisation progressive et la libéralisation des prix intervenue en 2015.

Selon la CDT, la fin du système de compensation, couplée à l’ouverture totale du marché et à l’absence d’un régulateur fort, a fragilisé le secteur. Cette configuration rendrait le marché national extrêmement sensible aux fluctuations internationales, avec une répercussion quasi immédiate des hausses sur le consommateur final.

Problèmes d’approvisionnement et de stocks

La centrale syndicale soulève également la question récurrente des tensions sur les stocks. Elle évoque des épisodes récents de rareté, notamment début 2026, qui interrogent selon elle la capacité du pays à sécuriser son approvisionnement énergétique dans un contexte géopolitique instable.

Chaque hausse des cours internationaux, alimentée par les crises régionales et les perturbations logistiques, se traduirait ainsi par une augmentation jugée disproportionnée sur le marché national. Cette dynamique aggraverait la facture énergétique des ménages et des professionnels.

Les propositions de la CDT

Face à ce constat, la Confédération démocratique du travail plaide pour un changement de cap politique. Elle appelle explicitement à revenir sur la libéralisation des prix en réintroduisant des mécanismes de régulation pour encadrer les marges et protéger les consommateurs.

Parmi les leviers proposés figurent un allègement de la fiscalité sur les carburants et la mise en place de dispositifs de soutien plus larges. Le syndicat suggère également de revoir l’organisation du secteur en séparant les activités de stockage et de distribution afin de clarifier les responsabilités et renforcer la transparence.

Une autre revendication majeure concerne la relance du raffinage national via la remise en activité de la raffinerie Samir de Mohammedia. Pour la CDT, cette option permettrait d’augmenter les capacités de stockage, de capter davantage de valeur ajoutée et de réduire la dépendance aux marchés extérieurs.

Un débat élargi au modèle économique

La centrale syndicale élargit le débat au-delà du seul secteur énergétique. Elle appelle à une revalorisation des salaires et des pensions pour amortir l’impact de l’inflation. Une réforme du secteur du transport est également préconisée pour limiter les effets de contagion des prix des carburants sur le coût de la vie.

Dans un contexte international marqué par une intensification des tensions géopolitiques au Moyen-Orient, les marchés pétroliers et ceux des produits dérivés connaissent une hausse rapide et significative. Le Conseil de la concurrence avait d’ailleurs annoncé, le 27 mars, sa décision de renforcer ses mécanismes de surveillance de la transmission des variations des prix internationaux sur le marché national.

La lettre de la CDT place désormais la balle dans le camp de l’exécutif. Les prochaines semaines devraient indiquer si le gouvernement entend répondre à ces interpellations par des mesures concrètes ou maintenir le cap actuel de la libéralisation des prix des carburants.

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