Dossier du Sahara : l’Algérie ne parvient pas à infléchir les positions européennes

Dossier du Sahara : l’Algérie ne parvient pas à infléchir les positions européennes

L’Algérie n’a pas réussi à obtenir de déclarations de soutien à sa position sur le dossier du Sahara occidental lors de récentes rencontres diplomatiques avec la Belgique, la Serbie et la Croatie. Ces trois pays européens ont, au contraire, réaffirmé leur appui au plan d’autonomie marocain pour la région. Cette série de consultations, menée en mars, illustre la difficulté persistante d’Alger à mobiliser un soutien international sur cette question, malgré son rôle de partenaire énergétique clé pour l’Europe.

Le ministre algérien des Affaires étrangères, Ahmed Attaf, en déplacement en Europe depuis lundi, a rencontré ses homologues belge et croate. Aucune de ces rencontres n’a abouti à une déclaration publique de ces capitales en faveur de la position algérienne sur le Sahara.

La Belgique avait pourtant clarifié sa position le 2 mars, à l’issue d’une visite officielle au Maroc de son vice-Premier ministre et ministre des Affaires étrangères, Maxime Prévot. Bruxelles avait alors estimé que l’initiative d’autonomie sous souveraineté marocaine constituait « la base la plus adéquate, sérieuse, crédible et réaliste » pour résoudre ce différend régional.

De son côté, la Croatie avait déjà exprimé son soutien au plan marocain en avril 2025, à la suite d’une rencontre avec le ministre marocain des Affaires étrangères, Nasser Bourita. Zagreb avait jugé que cette initiative représentait une base solide pour le règlement du conflit.

La posture de la Serbie

La visite du Premier ministre serbe, Duro Macut, en Algérie s’est également déroulée sans aucune mention publique de la question du Sahara. Cette absence s’explique par la position de principe de Belgrade, rappelée en juin 2023, qui se déclare « contre le sécessionnisme et le séparatisme ».

Cette prise de position était intervenue juste après une visite du ministre Attaf en Serbie, où ce dernier avait tenté d’établir un parallèle avec la situation du Kosovo. La comparaison n’avait pas modifié l’approche serbe.

Un contexte énergétique sans effet diplomatique

Ces développements surviennent dans un contexte où les pays européens cherchent à diversifier leurs approvisionnements en gaz, renforçant le rôle de l’Algérie comme fournisseur. La visite express de la Première ministre italienne, Giorgia Meloni, à Alger avait d’ailleurs évoqué le dossier du Sahara, mais avec prudence, sans engagement.

Il apparaît cependant que cet intérêt économique ne se traduit pas par un alignement diplomatique. Les États européens semblent dissocier leurs impératifs énergétiques de leurs positions politiques sur des dossiers de longue date comme le Sahara.

L’Algérie constate ainsi que ses tentatives de pression, y compris les bras de fer engagés par le passé avec la France et l’Espagne, n’ont pas infléchi les positions étatiques. Le conflit avec l’Espagne s’était finalement réglé sans gain pour Alger sur le dossier saharien, comme en a témoigné la visite officielle du chef de la diplomatie espagnole, José Manuel Albares, à Alger. Cette visite avait acté la réactivation du traité d’amitié bilatéral sans changement de la position espagnole.

Des équilibres géopolitiques stables

Cette situation démontre que les équilibres géopolitiques autour du Sahara ne se jouent pas sur des considérations conjoncturelles, comme les besoins énergétiques immédiats. Ils reposent plutôt sur des éléments stratégiques et politiques de long terme.

Ni la dépendance partielle de certains pays européens au gaz algérien, ni les opportunités de coopération énergétique n’ont donc permis à Alger d’obtenir des concessions politiques sur ce dossier qu’elle considère comme central.

La diplomatie algérienne devrait poursuivre ses efforts de plaidoyer sur la scène internationale, mais les récentes rencontres indiquent une consolidation des soutiens au plan d’autonomie marocain parmi ses partenaires européens. Les prochains mois pourraient voir d’autres consultations, notamment dans le cadre des instances multilatérales comme l’Union africaine et les Nations unies, où les positions respectives continueront d’être défendues.

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