Entre le 1er janvier 2024 et le 15 février 2026, les autorités marocaines ont traité 135 affaires de marketing pyramidal frauduleux sur un total de 182 signalements. Ces opérations ont conduit à l’interpellation de 137 personnes, toutes déférées devant la justice, et ont concerné près de 1.887 victimes recensées. Ces chiffres, révélés par le ministre de l’Intérieur, Abdelouafi Laftit, en réponse à une question parlementaire, soulignent l’ancrage persistant de ce type d’escroquerie dans l’écosystème économique, notamment via les plateformes numériques.
Face à cette montée des pratiques frauduleuses, les autorités ont renforcé leur dispositif de surveillance et d’intervention. Le ministre a indiqué que les services sécuritaires ont adopté une approche globale combinant prévention et répression. Cette stratégie implique une mobilisation accrue des unités spécialisées dans la criminalité économique et financière.
Un dispositif sécuritaire structuré
Le bureau national de lutte contre les crimes financiers, relevant de la Brigade nationale de la police judiciaire, joue un rôle central dans ce dispositif. Il est appuyé par plusieurs brigades régionales actives dans les grands pôles urbains, notamment à Casablanca, Rabat, Marrakech et Fès. Ces structures sont chargées du suivi des enquêtes, du démantèlement des réseaux et de la présentation des suspects devant la justice.
Parallèlement, les services de police judiciaire territoriale participent activement à la gestion des affaires à caractère économique. Cette territorialisation de la lutte contre la fraude vise à détecter plus rapidement les schémas d’escroquerie et à limiter leur propagation.
L’adaptation à la menace numérique
La particularité actuelle du marketing pyramidal réside dans sa capacité à se réinventer en ligne, sur les réseaux sociaux et les plateformes digitales. Conscientes de cette évolution, les autorités ont intensifié leur veille numérique. L’exploitation de techniques d’intelligence criminelle et d’analyse de données permet désormais d’anticiper certaines opérations frauduleuses avant même leur déploiement à grande échelle.
Ce renforcement des moyens traduit une volonté d’adaptation face à une criminalité économique de plus en plus sophistiquée. Dans ces schémas, les promesses de gains rapides servent souvent de levier pour piéger des victimes peu informées.
Une tendance à la hausse
La dynamique actuelle confirme une tendance à la hausse de ce phénomène. À titre de comparaison, entre 2020 et 2022, les autorités avaient traité 52 affaires liées à ce type d’escroquerie. Ces affaires avaient conduit à l’interpellation de 73 suspects et avaient impliqué 438 victimes.
La progression nette des chiffres témoigne à la fois de l’expansion du phénomène et d’une meilleure capacité de détection des services compétents. Elle pose également la question de la sensibilisation du public face à ces pratiques, souvent présentées comme des opportunités d’investissement légitimes.
Le marketing pyramidal, ou vente pyramidale, est une structure illégale. La rémunération des participants y repose principalement sur le recrutement de nouveaux membres plutôt que sur la vente de produits ou services réels. Les participants paient pour entrer, espérant des gains basés sur la progression géométrique de nouveaux recrutés. Ces systèmes, non durables et basés sur une progression exponentielle impossible à maintenir, entraînent souvent la perte financière de la majorité des membres, notamment les derniers arrivés.
Dans ce contexte, le ministère de l’Intérieur réaffirme sa détermination à poursuivre la lutte contre toutes les formes de criminalité économique. L’objectif affiché est la protection des consommateurs et la préservation de la confiance dans les circuits économiques formels.
Les autorités marocaines devraient maintenir et probablement intensifier leurs efforts de surveillance numérique et de coopération inter-services pour contrer l’évolution des schémas frauduleux en ligne. La poursuite des campagnes de sensibilisation du public aux risques du marketing pyramidal reste également un axe attendu pour compléter l’action répressive.
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