Dans une lettre ouverte datée du 30 mars 2026, l’Association Démocratique des Femmes du Maroc (ADFM) a dressé un bilan critique de la participation politique des femmes en amont des prochaines échéances électorales. L’organisation a adressé ce document aux principales institutions de l’État, dont le gouvernement, le Parlement et le Conseil Économique, Social et Environnemental, ainsi qu’aux partis politiques.
L’ADFM estime que les prochaines élections, prévues pour 2026, constitueront un test décisif pour la mise en œuvre effective du principe de parité garanti par la Constitution marocaine de 2011. L’association rappelle que l’article 19 de la Constitution consacre l’égalité entre les hommes et les femmes et engage l’État à œuvrer pour la parité.
Un constat d’écarts persistants
Dans sa communication, l’association souligne les écarts entre les avancées juridiques et la réalité pratique de la représentation des femmes dans les instances élues et décisionnelles. Elle pointe du doigt la sous-représentation persistante des femmes dans les conseils communaux, les conseils régionaux et la Chambre des représentants.
L’ADFM affirme que les mécanismes temporaires, tels que le système des listes nationales de femmes ou les quotas, n’ont pas suffi à combler le déficit de représentation. L’organisation appelle à une évaluation approfondie de l’efficacité de ces mesures et à l’adoption de correctifs législatifs et réglementaires.
Les demandes de l’association
Parmi ses principales revendications, l’ADFM demande une révision des lois organiques relatives aux élections pour y intégrer le principe de parité de manière contraignante et horizontale. Elle préconise également un renforcement des sanctions contre les partis politiques qui ne respecteraient pas leurs obligations en la matière.
L’association insiste sur la nécessité de mesures d’accompagnement, incluant un financement public conditionnel au respect de la parité dans les investitures et des campagnes de sensibilisation pour lutter contre les stéréotypes. Elle souligne que la participation politique des femmes ne se limite pas à leur présence numérique, mais inclut aussi leur accès aux postes de responsabilité au sein des partis et des assemblées.
Le cadre législatif en question
Le débat intervient dans un contexte où le Maroc a ratifié plusieurs conventions internationales promouvant les droits politiques des femmes, notamment la Convention sur l’élimination de toutes les formes de discrimination à l’égard des femmes (CEDEF). Les défenseurs des droits des femmes estiment que la législation électorale nationale doit être pleinement alignée sur ces engagements.
Des observateurs notent que la question de la parité dépasse le cadre strictement politique et touche à la représentativité sociale et à la légitimité démocratique des institutions. La faible représentation des femmes est souvent citée comme un indicateur des obstacles structurels à leur pleine citoyenneté.
Perspectives et prochaines étapes
La lettre ouverte de l’ADFM s’inscrit dans un dialogue plus large sur la réforme du système électoral, dont les paramètres seront définis par la loi. Les partis politiques et les institutions concernées sont désormais interpellés sur leurs positions concernant l’intégration de la parité dans le code électoral.
Les prochains mois devraient voir une intensification des discussions entre la société civile, les partis politiques et les autorités en charge de l’organisation des élections. L’élaboration et l’adoption des textes d’application relatifs au scrutin de 6 2026 constitueront la prochaine étape concrète pour évaluer la prise en compte de ces demandes.
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