Le pétrole Brent repasse sous les 100 dollars après les déclarations de Trump sur l’Iran

Le pétrole Brent repasse sous les 100 dollars après les déclarations de Trump sur l’Iran

Le prix du baril de pétrole brut Brent de la mer du Nord est repassé sous le seuil symbolique de 100 dollars mercredi. Cette baisse intervient après que l’ancien président américain Donald Trump a déclaré que les États-Unis allaient « quitter » l’Iran dans les deux ou trois prochaines semaines, suscitant des espoirs de désescalade géopolitique au Moyen-Orient.

Vers 07H15 GMT, le contrat à terme sur le Brent pour livraison en juin perdait 4,54%, à 99,25 dollars le baril sur le marché ICE Futures Europe. Il avait chuté de plus de 5% plus tôt dans la séance.

Cette correction marque un infléchissement après un mois de mars historiquement volatil pour les marchés financiers. Ceux ci ont été marqués par une flambée des cours du pétrole, un net recul des principales Bourses mondiales et une remontée des taux d’intérêt, le tout sous le poids des tensions et de la guerre au Moyen-Orient.

Un contexte de forte volatilité énergétique

Le blocage du détroit d’Ormuz, point de passage crucial pour les exportations pétrolières, a provoqué depuis début mars une hausse de près de 50% du cours du Brent. Selon les données de Bloomberg remontant à 1988, le baril de référence mondiale s’acheminait ainsi vers sa plus forte appréciation mensuelle jamais enregistrée.

De l’autre côté de l’Atlantique, le West Texas Intermediate (WTI), la référence américaine du brut, a clôturé au dessus des 100 dollars mardi soir pour la deuxième séance consécutive. Il pourrait enregistrer sa plus forte progression mensuelle depuis 2020.

Certains économistes, comme Sylvain Bersinger du cabinet Bersingéco, qualifient la situation de « mini choc pétrolier ». Cette flambée des prix de l’énergie ravive les craintes de stagflation, une situation économique combinant une faible croissance et une inflation élevée, qui limite la capacité des banques centrales à baisser leurs taux pour soutenir l’activité.

Des marchés boursiers en net recul

La crise géopolitique et ses conséquences sur l’énergie se sont répercutées sur les places financières mondiales. En Europe, les indices, qui évoluaient à des sommets avant le conflit, ont subi de fortes baisses mensuelles en mars.

À Paris, le CAC 40 a reculé de 8,90%, enregistrant son plus fort repli depuis mars 2020, en pleine pandémie de Covid 19. Le Stoxx Europe 600, qui regroupe les plus grosses capitalisations du continent, et le DAX de Francfort ont connu leur pire mois depuis juin 2022.

En Asie, l’indice Nikkei de Tokyo a perdu 13,23% sur l’ensemble du mois de mars, tandis que la Bourse de Séoul a chuté de 19,08%. Même à Wall Street, les indices ont nettement reculé. Le S&P 500, le Dow Jones et le Nasdaq se dirigeaient vers des baisses d’environ 5% pour le mois.

Le dollar retrouve son statut de valeur refuge

Dans ce contexte de turbulence, le dollar américain a retrouvé son statut de valeur refuge, après avoir été boudé pendant plusieurs mois en raison des incertitudes liées à la politique intérieure américaine. Sur l’ensemble du mois de mars, la devise américaine a gagné environ 2,20% face à l’euro.

Les déclarations de Donald Trump, qui interviennent dans un contexte électoral américain tendu, sont donc scrutées par les marchés pour leur impact potentiel sur la dynamique géopolitique au Moyen Orient, une région cruciale pour l’approvisionnement mondial en hydrocarbures.

Les analystes surveilleront désormais la concrétisation et les modalités de cette promesse de « quitter » l’Iran, ainsi que les réactions des autres acteurs régionaux et l’évolution de la situation dans le détroit d’Ormuz, pour évaluer la durabilité de la baisse des cours du pétrole.

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