Le ministre de l’Agriculture, de la Pêche maritime, du Développement rural et des Eaux et Forêts, Ahmed El Bouari, a déclaré que la filière céréalière nationale devait renforcer sa résilience et sa compétitivité face à trois défis majeurs. Cette déclaration a été faite lors de son discours d’ouverture d’une conférence organisée par la Confédération marocaine de l’agriculture et du développement rural.
Le ministre a identifié les principaux obstacles auxquels le secteur est confronté. Il s’agit du changement climatique, marqué par une succession d’années de sécheresse, de la volatilité persistante des marchés internationaux et de la hausse continue des coûts de production.
Ahmed El Bouari a rappelé que les céréales constituent un pilier fondamental de la sécurité alimentaire du pays et un facteur clé de la stabilité du monde rural. La conférence avait pour thème central les leviers de renforcement de la production nationale et les moyens d’atteindre la souveraineté alimentaire.
Une priorité stratégique nationale
Le ministre a replacé les discussions dans le cadre des Hautes Orientations du Roi Mohammed VI. Celles ci ont érigé la sécurité alimentaire en priorité nationale stratégique. Cette vision se concrétise par la mise en place d’un système intégré de stockage stratégique et le renforcement de la souveraineté alimentaire. L’objectif est de garantir un approvisionnement sûr et durable tout en protégeant l’économie nationale.
El Bouari a mis en avant les efforts déployés par l’État pour soutenir le secteur céréalier. Il a évoqué les différentes stratégies agricoles successives, notamment le Plan Maroc Vert et la stratégie Génération Green. Le soutien public se manifeste également dans les domaines de la production, de la recherche, des infrastructures, ainsi que par des mesures visant à stabiliser le marché et à garantir l’approvisionnement.
Évolution des politiques sectorielles
Le ministre a reconnu que la filière céréalière avait bénéficié d’une attention particulière dans les politiques publiques au fil des années. Il a toutefois souligné que des améliorations et des gains d’efficacité restaient nécessaires.
Il a retracé l’évolution des approches stratégiques. Le Plan Maroc Vert a constitué une première étape visant à structurer le développement de la filière et à renforcer sa base productive. La stratégie Génération Green lui a succédé en se concentrant sur la consolidation des résultats, la durabilité de la production, l’amélioration des rendements, la qualité des récoltes et la valorisation des produits.
L’objectif principal, selon le ministre, demeure la construction d’une filière plus durable et plus performante. Cette filière doit être capable d’assurer une production stable, d’améliorer les revenus des agriculteurs et, in fine, de renforcer la souveraineté alimentaire du Maroc.
Initiatives de structuration du marché
Ahmed El Bouari a également évoqué des initiatives récentes prises pour mieux organiser le marché. Il a cité la mise en place d’un partenariat public privé dans ce domaine.
Il a fait référence à la signature d’un accord spécifique sur l’agrégation du blé tendre. Cet accord a été conclu avec le ministère de l’Économie et des Finances, le Groupe Crédit Agricole du Maroc et les organisations professionnelles du secteur céréalier. L’objectif de cet accord est d’améliorer l’organisation du marché et les conditions de commercialisation des produits.
Les prochaines étapes pour le secteur devraient se concentrer sur la concrétisation des initiatives annoncées, notamment l’opérationnalisation du partenariat public privé et la mise en œuvre effective de l’accord sur l’agrégation. La poursuite de l’adaptation des stratégies agricoles face à la volatilité climatique et économique constituera également un axe de travail majeur pour les pouvoirs publics et les professionnels de la filière.
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