Les cours du pétrole ont entamé la semaine en baisse, lundi, alors que le secrétaire américain au Trésor, Scott Bessent, doit détailler dans la journée la stratégie des États-Unis pour intensifier la pression économique sur l’Iran. Cette annonce intervient dans un contexte de tensions persistantes au Moyen-Orient, près de six mois après l’attaque israélo-américaine contre la République islamique.
Vers 09H30 GMT, le baril de Brent de la mer du Nord, livraison octobre, perdait 1,41 % à 93,06 dollars. Dans le même temps, le baril de West Texas Intermediate (WTI), référence américaine, cédait 2,00 % à 85,32 dollars. Cette baisse s’explique, selon les analystes, par l’espoir que les nouvelles sanctions américaines puissent contribuer à une résolution du conflit.
« La baisse des cours est peut-être liée à l’espoir du marché que les nouvelles sanctions américaines pourraient aider à résoudre le conflit au Moyen-Orient », a commenté Arne Lohmann Rasmussen, analyste chez Global Risk Management. Il a également attribué ce repli à « de la prise de bénéfice » après deux semaines consécutives de hausse.
Une offensive financière majeure
Dans une tribune publiée dimanche par le Financial Times, Scott Bessent a évoqué un « D-Day économique », comparant la campagne de sanctions à venir à la plus grande offensive financière jamais mobilisée contre un adversaire. Il doit préciser, ce lundi, les modalités de cette nouvelle stratégie.
Cependant, certains observateurs restent sceptiques quant à l’efficacité de telles mesures. « Nous sommes sceptiques vis-à-vis de l’efficacité de nouvelles sanctions économiques contre l’Iran », a insisté M. Rasmussen. Tamas Varga, analyste chez PVM, a averti qu’« il ne faut pas exclure des mesures de rétorsion visant les installations pétrolières régionales ».
Menaces iraniennes et perturbations maritimes
Le ministère iranien des Affaires étrangères a prévenu, lundi, qu’il y aurait des « conséquences » pour les pays qui se joindraient à la campagne de pression économique américaine. Cette mise en garde renforce les craintes d’une escalade dans la région.
Par ailleurs, la navigation maritime reste perturbée. Les États-Unis affirment contrôler le détroit d’Ormuz, mais les échanges y demeurent réduits, selon les analystes. En mer Rouge, un pétrolier a pris feu après avoir été touché par un « projectile inconnu » au large du port saoudien de Yanbu, a signalé l’agence maritime britannique UKMTO.
Les rebelles houthis du Yémen, soutenus par l’Iran, ont annoncé fin juillet un blocus maritime contre Ryad, qui soutient le gouvernement yéménite. Depuis, ils prennent régulièrement pour cible les navires liés au royaume saoudien, accentuant les risques pour le transport pétrolier dans cette zone stratégique.
Des conséquences potentielles pour la région
Pour les pays de la région, notamment le Maroc, cette situation pourrait avoir des répercussions sur les prix énergétiques et la stabilité des approvisionnements. Les fluctuations du marché pétrolier sont suivies de près par les économies dépendantes des importations d’hydrocarbures.
Les prochains jours seront décisifs pour évaluer l’impact des annonces américaines sur les cours et sur la dynamique du conflit. Les observateurs surveilleront également les réactions de l’Iran et de ses alliés régionaux, ainsi que l’évolution de la situation en mer Rouge, qui demeure un point chaud pour la sécurité maritime.
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