Les inondations survenues mercredi dans une région frontalière entre le Népal et le Tibet, dans l’Himalaya, ont causé la mort d’au moins 538 personnes au Népal, selon un bilan actualisé fourni vendredi par le gouvernement népalais. Les organisations humanitaires estiment qu’environ 93 000 personnes pourraient être affectées, alors que les opérations de secours restent entravées dans plusieurs zones difficiles d’accès.
Lors d’un point de presse organisé à Genève, Lila Pieters Yahia, coordinatrice résidente des Nations unies au Népal, a précisé que 73 blessés étaient également à déplorer, que 3 742 personnes avaient été secourues et que 977 autres étaient portées disparues ou injoignables. Quelque 12 249 membres des forces de sécurité ont été mobilisés pour participer aux opérations de secours.
David Fisher, chef de la délégation de la Fédération internationale des Sociétés de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge (FICR) au Népal, a indiqué depuis Katmandou que le bilan des morts continue d’augmenter et que d’autres victimes pourraient être retrouvées. Il a également souligné le caractère provisoire de l’estimation de 93 000 personnes affectées, en raison de l’impossibilité d’accéder à certaines des zones les plus touchées.
Une catastrophe naturelle aux infrastructures dévastées
Les inondations ont été provoquées par l’effondrement d’une partie d’un glacier, générant une immense vague de boue qui a déferlé dans le nord du Népal et sur le territoire chinois du Tibet. Cette vague a détruit ou lourdement endommagé des milliers d’habitations, ainsi que des dizaines de routes, de ponts et d’autres infrastructures essentielles.
Selon M. Fisher, les routes et les ponts ont été emportés, les communications téléphoniques et l’électricité ont été coupées, et certaines zones les plus affectées restent inaccessibles. Les informations disponibles sur l’ampleur des dégâts demeurent approximatives, et de nombreuses personnes dans le besoin n’ont pas encore reçu l’aide nécessaire.
Dans le district de Nuwakot, un responsable local de la Croix-Rouge a décrit le choc immense provoqué par la vague, au point de ne pas pouvoir joindre sa propre famille pendant une grande partie de la journée, alors que lui-même et d’autres volontaires s’employaient à porter secours.
Une nouvelle crue inquiétante dans le district de Rasuwa
Une nouvelle crue s’est produite vendredi le long de la même rivière dans le district de Rasuwa, suscitant de fortes inquiétudes parmi les populations et les secouristes. Selon les informations recueillies sur le terrain par la Croix-Rouge, cet épisode serait jusqu’à présent moins important que celui de mercredi, mais des alertes ont été émises et la population a été appelée à s’éloigner des berges.
Des convois quotidiens de matériel de secours avaient été organisés depuis la catastrophe, mais un camion n’a pas pu atteindre Nuwakot vendredi en raison des risques liés à cette nouvelle crue. La FICR a toutefois indiqué être désormais en contact téléphonique avec des volontaires de la Croix-Rouge népalaise à Rasuwa, qui travaillent avec les forces de sécurité et les autorités locales pour apporter une première assistance, même si du matériel de secours n’a pas encore pu être acheminé par la route.
La Croix-Rouge mobilisée pour l’aide humanitaire
Dans les zones accessibles, la Croix-Rouge népalaise a commencé à fournir aux sinistrés ayant perdu leur logement de la nourriture, de l’eau, des kits d’hygiène, des matelas et des couvertures. Des équipes procèdent à des évaluations rapides, soutiennent des camps temporaires aux côtés des autorités locales et distribuent des matériaux pour les abris d’urgence.
M. Fisher a souligné que la priorité immédiate est de répondre aux besoins fondamentaux, mais qu’il faudra également aider ces communautés à se reconstruire et à surmonter le traumatisme.
La FICR a lancé jeudi un appel d’urgence de 25 millions de francs suisses (26,6 millions d’euros), couvrant une période de 24 mois et finançant à la fois les besoins humanitaires immédiats et les efforts de relèvement à moyen et long terme. L’appel porte notamment sur l’hébergement, l’aide en espèces, la santé, les articles de secours pour les ménages, l’eau, l’assainissement et l’hygiène, la santé mentale et le soutien psychosocial ainsi que le rétablissement des liens familiaux.
La FICR a déjà débloqué près d’un million de francs suisses de son Fonds d’urgence pour les interventions en cas de catastrophe afin de renforcer la réponse de la Croix-Rouge népalaise. Des services destinés à aider les familles à retrouver leurs proches ont également été activés, et des capacités de santé mobiles et de cliniques d’urgence sont en cours de préparation.
Les communications avec les équipes de la Croix-Rouge dans les zones touchées demeurent difficiles en raison de la faiblesse des réseaux téléphoniques, tandis que des équipes supplémentaires sont mobilisées au Népal, avec notamment le déploiement d’un coordinateur des opérations de la branche Asie-Pacifique de la FICR.
Les prochaines étapes incluent la poursuite des opérations de recherche et de secours, l’acheminement de l’aide humanitaire vers les zones encore isolées, et l’évaluation complète des dégâts pour orienter les efforts de reconstruction à moyen et long terme.
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