L’Organe international de contrôle des stupéfiants (OICS) a présenté, ce jeudi à Genève, son rapport annuel pour l’exercice 2025. L’organisme indépendant y affirme que la coopération internationale établie par les conventions sur le contrôle des drogues a permis de protéger la santé et le bien-être des populations à l’échelle mondiale. Ce cadre, bénéficiant d’une adhésion quasi universelle, est présenté comme un outil essentiel pour relever les défis posés par les substances illicites.
La présidente de l’OICS, Sevil Atasoy, a déclaré que les conventions offrent un socle solide pour lutter contre le trafic et l’usage impropre de drogues depuis six décennies, tout en garantissant la disponibilité des médicaments essentiels. Elle a souligné que les États ont reconnu que la protection de leurs citoyens et la satisfaction de leurs besoins médicaux passaient par des mesures coordonnées et universelles.
Un système de contrôle efficace et méconnu
Le rapport met en avant le succès du régime international d’évaluations et de prévisions. Ce système oblige les gouvernements à fournir des données permettant de surveiller la culture licite de plantes et la production de substances contrôlées. Grâce à ce mécanisme, les détournements vers les circuits illicites de substances produites légalement sont devenus très rares, un résultat qualifié de succès international majeur, bien que souvent méconnu du public.
Des outils numériques pour prévenir le trafic
L’OICS propose aux États des plateformes opérationnelles pour l’échange d’informations en temps réel. La plateforme PEN Online, dédiée aux notifications préalables à l’exportation de précurseurs chimiques, a permis en mars 2025 d’empêcher le détournement de 3 tonnes d’un précurseur du fentanyl. Sans cette interception, cette quantité aurait pu servir à fabriquer illégalement entre 1,4 et 3,3 tonnes de cette drogue synthétique.
D’autres outils, comme la plateforme PICS pour la notification d’incidents ou le système I2ES pour les autorisations électroniques, sécurisent les échanges entre autorités nationales et réduisent les risques de fraudes.
Une coopération élargie au-delà des gouvernements
L’action de l’OICS s’appuie également sur une coopération volontaire avec les services de détection, comme la police et les douanes, et avec le secteur privé. Son programme GRIDS, utilisé par près de 200 gouvernements et partenaires comme l’Organisation mondiale des douanes, cible le trafic de substances dangereuses non encore inscrites aux tableaux des conventions.
Plus de 100 entreprises internationales échangent ainsi des informations sur les nouvelles drogues synthétiques avec les gouvernements. L’OICS encourage également les partenariats public-privé dans des secteurs clés exploités par les trafiquants, tels que le commerce électronique, les services financiers ou le transport de marchandises.
Des défis persistants en matière d’accès aux médicaments
Le rapport relève toutefois des problèmes persistants. Malgré des stocks mondiaux stables, l’inégalité d’accès à des analgésiques opioïdes abordables reste une réalité pour de nombreux pays à revenu faible ou intermédiaire. L’amélioration de la disponibilité et de l’accessibilité financière de ces médicaments, ainsi que des psychotropes pour traiter des pathologies comme l’épilepsie, bénéficierait directement à la santé mondiale.
Tendances régionales et menaces émergentes
L’OICS dresse un panorama des menaces par région. En Afrique, la consommation de drogues est en hausse, avec un trafic d’opioïdes pharmaceutiques de mauvaise qualité particulièrement préoccupant. En Amérique du Sud, le marché de la cocaïne, en pleine expansion, gagne l’Asie et l’Afrique.
En Asie du Sud-Est, la méthamphétamine reste la principale menace, avec des saisies record. L’Europe occidentale et centrale fait face à une augmentation significative du trafic de cocaïne et à une expansion de la fabrication illicite de drogues synthétiques. Dans le Pacifique, l’usage de drogues est devenu un problème de santé publique majeur.
Une responsabilité collective pour l’avenir
En conclusion, la présidente de l’OICS a rappelé que protéger la santé publique contre les dangers des drogues illicites est une responsabilité commune. Le système international, a-t-elle insisté, repose sur la volonté et la capacité des pays à travailler ensemble. L’organisme continuera de promouvoir et de suivre l’application des trois conventions internationales, encourageant les États à poursuivre et renforcer leur coopération pour permettre une action nationale plus efficace contre ce problème mondial.
Commentaires (0)
Laissez votre commentaire