Guerre au Moyen-Orient : les derniers développements au dixième jour

Guerre au Moyen-Orient : les derniers développements au dixième jour

Le conflit au Moyen-Orient entre en sa dixième journée, marquée par une escalade militaire et des répercussions économiques et diplomatiques mondiales. Lundi, de nouvelles frappes aériennes ont été signalées en Iran, en Irak, au Liban et en Israël, tandis que les marchés financiers réagissaient vivement à la prolongation des hostilités et aux perturbations dans le détroit d’Ormuz.

Plusieurs fortes explosions et des sirènes ont retenti pour la deuxième fois en plusieurs endroits de la capitale du Qatar, Doha, selon des journalistes de l’AFP sur place. Par ailleurs, les autorités qataries ont annoncé l’arrestation de plus de 300 personnes pour publication d’images et d’informations trompeuses lors des attaques iraniennes contre l’émirat.

Escalade militaire et tensions régionales

L’armée israélienne a annoncé avoir lancé en milieu de journée de nouvelles frappes de grande ampleur et simultanées visant des infrastructures à Téhéran, à Ispahan ainsi que dans le sud de l’Iran. En réponse, une salve de missiles iraniens a touché le centre d’Israël, tuant un homme d’environ 40 ans sur un chantier de construction et faisant un blessé grave. Une série d’explosions a également été entendue à Tel-Aviv.

Au Liban, l’aviation israélienne a mené de nouvelles frappes lundi matin sur la banlieue sud de Beyrouth, bastion du Hezbollah. Près de 400 personnes ont été tuées dans le pays depuis le début du conflit. Le Parlement libanais a par ailleurs reporté de deux ans les élections législatives prévues en mai, en raison de la guerre.

Fragments de missile en Turquie et frappe en Irak

Un second missile tiré depuis l’Iran a été détruit par l’Otan dans l’espace aérien turc. Le ministère turc de la Défense a précisé que des fragments du missile sont retombés dans des champs à Gaziantep, dans le sud du pays, sans faire de victimes. Conséquence de ces tensions, les États-Unis ont suspendu leurs services consulaires dans le sud de la Turquie et ordonné au personnel diplomatique non essentiel de quitter la région.

Dans le nord de l’Irak, une frappe a visé une base des anciens paramilitaires du Hachd al-Chaabi près de Mossoul. Un responsable de cette coalition, qui englobe des groupes pro-iraniens, a imputé ce bombardement à l’aviation américaine.

Conséquences économiques et réactions diplomatiques

Les cours du pétrole ont dépassé 100 dollars le baril pour la première fois depuis 2022, flirtant même brièvement avec les 120 dollars. Cette flambée historique est attribuée à la prolongation du conflit et au blocage persistant du détroit d’Ormuz. Le prix du gaz européen a quant à lui bondi d’environ 30%. Les Bourses européennes ont ouvert en nette baisse, suivant la chute des marchés asiatiques.

Face à cette volatilité, les ministres des Finances du G7 devaient discuter lundi du recours aux réserves stratégiques de pétrole lors d’une réunion en visioconférence. Une source au sein de l’exécutif français a confirmé à l’AFP que cette option était envisagée. De son côté, la Commission européenne a souligné qu’il n’y avait pas de risque de pénurie imminente d’approvisionnement en pétrole en Europe, rappelant que les États membres disposent de stocks d’urgence pour 90 jours.

Positionnements internationaux et succession en Iran

Sur le plan diplomatique, le président français Emmanuel Macron est arrivé à Chypre pour discuter du renforcement de la sécurité régionale avec les dirigeants chypriote et grec. Il s’est également entretenu avec le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu. Le président russe Vladimir Poutine a, quant à lui, assuré le nouveau Guide suprême iranien, Mojtaba Khamenei, de son soutien indéfectible, affirmant que la Russie resterait un partenaire fiable de l’Iran.

La nomination de Mojtaba Khamenei pour succéder à son père Ali, tué au premier jour de la guerre, a été officialisée lors d’un rassemblement de milliers de personnes à Téhéran. Le chef du Conseil suprême de sécurité nationale iranien, Ari Larijani, a estimé que cette succession avait provoqué le désespoir des États-Unis et d’Israël. L’Iran a par ailleurs accusé les pays européens, dont la France, d’avoir contribué à créer les conditions propices aux attaques américano-israéliennes.

Dans le Golfe, une frappe iranienne a provoqué un incendie dans un complexe pétrolier à Al-Maameer, à Bahreïn. La compagnie nationale Babco a invoqué la clause de force majeure, la protégeant ainsi de pénalités contractuelles.

Les prochaines étapes seront cruciales, avec la communauté internationale surveillant de près les discussions du G7 sur la stabilisation des marchés énergétiques et les potentielles initiatives diplomatiques pour contenir l’expansion géographique du conflit. La situation sécuritaire en Turquie et la réponse de l’Otan aux tirs de missiles restent également des points de vigilance majeurs.

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