Le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, a catégoriquement rejeté mercredi soir l’existence de pourparlers avec les États Unis. S’exprimant sur la télévision d’État, il a affirmé que l’Iran n’avait pas l’intention de négocier et entendait poursuivre sa politique de résistance. Ces déclarations interviennent en réponse aux affirmations répétées du président américain Donald Trump sur la tenue de discussions entre les deux pays.
Le chef de la diplomatie iranienne a précisé que la République islamique cherchait à mettre fin au conflit selon ses propres conditions, afin d’empêcher toute répétition des hostilités. Il a estimé qu’accepter des négociations à ce stade équivaudrait à reconnaître une défaite. La Maison Blanche avait pourtant réaffirmé plus tôt dans la journée que Donald Trump continuait de négocier avec Téhéran, tout en menaçant de déchaîner les foudres américaines en cas d’échec.
Un plan américain transmis par Islamabad
Cette prise de position fait suite à la diffusion d’informations concernant une proposition américaine transmise à l’Iran. Selon la chaîne anglophone iranienne Press TV, Téhéran a rejeté une offre américaine visant à faire cesser les combats. Bien que les détails de ce plan n’aient pas été officiellement dévoilés, il s’agirait des premières propositions concrètes de Washington depuis les attaques conjointes israélo américaines du 28 février dernier.
Deux hauts responsables pakistanais ont indiqué que ce document, qui comporterait quinze points, avait été acheminé à l’Iran par Islamabad, capitale qui entretient de bonnes relations avec les deux parties en conflit. Abbas Araghchi a néanmoins minimisé la portée de cette transmission, la qualifiant de simple échange d’idées et non de dialogue structuré.
La position iranienne sur le détroit d’Ormuz
Lors de son intervention télévisée, le ministre a également abordé la question cruciale du détroit d’Ormuz, voie maritime stratégique pour le commerce mondial. Téhéran maintient un contrôle strict sur ce passage depuis le début des hostilités. Abbas Araghchi a répété que le détroit n’était pas complètement fermé, mais uniquement interdit aux navires des nations ennemies et de leurs alliés.
Il a ajouté que l’armée iranienne avait assuré un passage sécurisé aux bateaux des pays amis, soulignant qu’il n’y avait aucune raison de laisser transiter les bâtiments des adversaires. Cette politique impacte directement les flux commerciaux régionaux, dont dépendent de nombreuses économies.
Un rejet en bloc des affirmations américaines
Depuis l’annonce surprise de Donald Trump lundi concernant l’existence d’un dialogue, les autorités iraniennes n’ont cessé de démentir ces allégations. Abbas Araghchi a insisté sur le fait qu’aucune négociation n’avait eu lieu à ce jour. Il a reconnu que des messages pouvaient parfois transiter par l’intermédiaire de pays tiers ou de diverses personnalités, mais a refusé de qualifier ces contacts de véritables discussions.
La position officielle de Téhéran reste donc inchangée : la poursuite de la résistance et la défense du territoire national. Le ministre a indiqué que si une prise de position devait être adoptée face aux propositions américaines, elle le serait en temps voulu, mais que pour l’instant, la ligne directrice demeurait la même.
Les prochains jours devraient clarifier l’évolution de cette crise. Les observateurs attendent de voir si les canaux de communication informels, comme celui du Pakistan, pourront servir de base à un éventuel apaisement ou si les positions antagonistes vont continuer à se durcir. La situation dans le détroit d’Ormuz et son impact sur la stabilité régionale resteront au centre des préoccupations internationales.
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