Un mois après le début des hostilités ouvertes entre les États Unis, Israël et l’Iran, la situation au Moyen Orient reste tendue et le détroit d’Ormuz, point de passage crucial pour le pétrole mondial, demeure largement paralysé. Les appels internationaux à la désescalade n’ont, pour l’instant, pas conduit à une amélioration tangible, maintenant les marchés mondiaux dans l’incertitude.
Les ministres des Affaires étrangères du G7 se sont réunis vendredi à Paris pour discuter de la crise. Dans un communiqué commun, ils ont appelé à un arrêt immédiat des attaques contre les populations et les infrastructures civiles en Iran. Ils ont également souligné la nécessité absolue de rétablir de manière permanente la liberté de navigation sûre et gratuite dans le détroit d’Ormuz.
L’Allemagne, qui a soutenu Washington et condamné les répliques iraniennes, a exhorté Téhéran à engager des négociations sérieuses avec les États Unis. Le ministre allemand des Affaires étrangères, Johann Wadephul, a déclaré que le régime iranien serait bien avisé d’entamer ces discussions sans délai.
La situation sur le terrain
De son côté, l’Iran a appelé les civils à quitter les zones proches des positions américaines. Les Gardiens de la révolution ont accusé les forces américano israéliennes de tenter d’utiliser des sites civils et des innocents comme boucliers humains. Cette déclaration est intervenue après que l’Iran a menacé de cibler des hôtels dans le Golfe.
L’armée américaine a annoncé que plus de 300 de ses ressortissants avaient été blessés, majoritairement de façon légère, depuis le début du conflit. Treize soldats américains ont par ailleurs perdu la vie.
L’impact économique majeur
La paralysie du détroit d’Ormuz constitue la principale préoccupation économique des grandes puissances. Ce point de passage stratégique voit transiter quotidiennement près d’un tiers du flux énergétique mondial, avec environ 120 navires par jour en temps normal. Le trafic y accuse actuellement une baisse de 95%.
Le régime iranien n’autorise le passage qu’à un nombre très restreint de navires, contraints d’emprunter un corridor maritime spécifique autour de l’île de Larak. Selon le site spécialisé Lloyd’s List, seulement 26 navires auraient utilisé ce corridor mercredi. La plupart battaient pavillon de pays considérés comme amis de l’Iran, tels que l’Inde, le Pakistan, la Syrie et la Chine.
Les marchés des matières premières restent profondément déséquilibrés. Le baril de Brent de la mer du Nord, référence mondiale du pétrole, a dépassé la barre symbolique des 110 dollars, enregistrant une hausse de 2 à 3%. À l’inverse, le cours de l’or a chuté de 10% la semaine dernière après des records en février, se stabilisant désormais entre 4300 et 4600 dollars.
Les perspectives de négociation
Aucun scénario de sortie de crise ne se profile clairement, malgré les déclarations répétées du président américain Donald Trump sur d’éventuelles discussions avec Téhéran. Le secrétaire d’État américain, Marco Rubio, a affirmé que l’Iran avait bien envoyé des messages indiquant son intérêt pour une solution diplomatique. Cependant, Téhéran n’aurait donné aucune réponse formelle concernant le plan de paix qui lui a été transmis via le Pakistan.
La communauté internationale attend désormais des gestes concrets des belligérants pour désamorcer la crise. La reprise d’un trafic normal dans le détroit d’Ormuz et l’engagement de pourparlers directs sont considérés comme les prochains indicateurs cruciaux d’une éventuelle désescalade.
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