L’ancien président sénégalais Macky Sall maintient sa candidature au poste de secrétaire général des Nations unies, en dépit du refus de l’Union africaine (UA) de lui accorder son soutien officiel. Cette décision intervient alors que la procédure de désignation du successeur d’Antonio Guterres, dont le mandat s’achève fin 2026, est entrée dans une phase active.
Selon le service de communication de Macky Sall, vingt États membres de l’UA se sont initialement opposés à sa candidature, déposée par le Burundi, qui assure la présidence tournante de l’organisation. La procédure dite « d’approbation tacite » requérait l’absence d’objection de plus d’un tiers des 55 pays membres pour valider un soutien continental.
Le communiqué de son équipe précise que l’Égypte et le Libéria se sont par la suite retirés de la liste des pays opposés. Ainsi, treize pays maintiennent leur objection et cinq autres ont demandé une prolongation du délai de la procédure silencieuse, portant le total à dix-huit nations.
Un contexte politique sénégalais tendu
La candidature de l’ancien chef de l’État, au pouvoir de 2012 à 2024, n’est pas soutenue par son propre pays. Les autorités sénégalaises actuelles, le président Bassirou Diomaye Faye et son Premier ministre Ousmane Sonko, élus en 2024, reprochent à l’ancien régime, et notamment à Macky Sall, des agissements dans la gestion du pays.
Ces reproches portent sur la répression sanglante des manifestations politiques entre 2021 et 2024, qui a fait des dizaines de morts, ainsi que sur l’opacité concernant certains indicateurs économiques majeurs, comme le niveau de la dette publique. Ce contexte national explique en partie l’absence de soutien de Dakar à cette candidature internationale.
Les règles de la candidature onusienne
Le processus de sélection du prochain secrétaire général de l’ONU, dont le mandat débutera le 1er janvier 2027, est ouvert. En novembre dernier, l’organisation a invité ses États membres à proposer des candidats. Chaque candidat potentiel doit être présenté par un État ou un groupe d’États, sans obligation que ce soit son pays d’origine, comme le démontre le parrainage burundais pour Macky Sall.
La persistance de l’ancien président sénégalais signifie que son nom restera dans la course, bien qu’il ne bénéficie pas de l’avantage symbolique et politique que confère habituellement le soutien unifié du groupe régional africain. Cette situation illustre les divisions au sein du continent sur cette question stratégique.
Prochaines étapes du processus
La campagne pour la succession d’Antonio Guterres devrait s’intensifier dans les mois à venir. Les candidats devront mener des consultations avec les capitales influentes et les groupes régionaux aux Nations unies. Le processus formel de nomination et de sélection par le Conseil de sécurité, suivi d’un vote à l’Assemblée générale, suivra son cours selon le calendrier établi par l’organisation.
L’absence de consensus africain pourrait compliquer les négociations, traditionnellement guidées par le principe de la rotation régionale. Les prochains mois permettront de voir si d’autres candidats africains émergent ou si Macky Sall parvient à consolider son positionnement malgré les objections initiales.
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