Les États-Unis et l’Iran sont parvenus à un accord de cessez-le-feu de deux semaines, mardi, un peu plus d’une heure avant l’expiration de l’ultimatum lancé par le président américain Donald Trump. Cet accord, intervenu dans un contexte de fortes tensions militaires, suspend les hostilités directes entre les deux nations mais laisse persister les combats au Liban, où Israël affirme que la trêve ne s’applique pas.
L’armée israélienne a confirmé, mercredi, qu’elle observait le cessez-le-feu avec l’Iran après avoir mené de nouvelles frappes contre des lanceurs de missiles iraniens. Elle a précisé être maintenue en état d’alerte élevé. En revanche, elle a affirmé que la bataille se poursuivait au Liban, excluant ce front de l’accord de trêve.
La situation au Liban
Au Liban, l’armée nationale a appelé, mercredi matin, les personnes déplacées à ne pas retourner dans le sud du pays, où les frappes israéliennes se sont poursuivies. Dans un communiqué, elle a exhorté les citoyens à attendre avant de regagner leurs villes et villages. Malgré cet avertissement, un correspondant de l’AFP a observé dans la région de Tyr un petit nombre de personnes revenant en voiture vers des zones qu’elles avaient évacuées.
L’Agence nationale d’information libanaise (ANI, officielle) a fait état de nouvelles frappes israéliennes sur le sud du Liban mercredi matin, intervenant après un nouvel ordre d’évacuation émis pour la région de Tyr. Le Hezbollah, mouvement pro-iranien, n’a plus revendiqué d’attaques contre Israël depuis environ 01h00 heure locale (mardi 22h00 GMT).
Le bilan des frappes israéliennes au Liban s’élève à 1 530 morts depuis le début du conflit avec le Hezbollah le 2 mars, selon le ministère libanais de la Santé.
Les termes de l’accord
Le président américain Donald Trump a déclaré, dans un échange téléphonique avec l’AFP, que la victoire était totale et complète pour Washington. Il a annoncé que les États-Unis interrompraient leurs attaques sur l’Iran pendant deux semaines. En contrepartie, Téhéran a accepté de rouvrir temporairement et de sécuriser le détroit d’Ormuz, un point de passage stratégique pour le pétrole mondial.
Dans un message publié sur son réseau Truth Social, Donald Trump a salué l’OUVERTURE TOTALE, IMMÉDIATE ET SÉCURISÉE du détroit. Il a précisé que l’accord avait été conclu après des discussions avec des dirigeants pakistanais, pays médiateur dans ce conflit lancé le 28 février par les États-Unis et Israël. Le président américain a également affirmé que la question de l’uranium iranien serait parfaitement réglée pendant cette trêve.
Donald Trump a justifié l’entrée en guerre en accusant l’Iran d’enrichir de l’uranium pour fabriquer une arme atomique, une affirmation démentie par Téhéran et non étayée par l’agence nucléaire de l’ONU.
La position iranienne
Le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, a confirmé que Téhéran garantirait la sécurité des traversées du détroit d’Ormuz, où transitait avant la guerre 20% du pétrole brut mondial. L’Iran a par ailleurs proposé un plan en dix points pour parvenir à une fin durable de la guerre, qualifié de viable par Donald Trump.
Selon un communiqué de la République islamique, ce plan exigerait le maintien du contrôle iranien sur le détroit d’Ormuz, l’acceptation de son programme d’enrichissement, la levée de toutes les sanctions primaires et secondaires, le retrait des forces américaines du Moyen-Orient, la fin des attaques contre l’Iran et ses alliés, la libération des avoirs iraniens gelés et une résolution contraignante du Conseil de sécurité de l’ONU.
La demande relative à l’enrichissement d’uranium, absente de la version anglaise de la déclaration partagée avec l’ONU, figurait dans la version persane diffusée par les médias d’État iraniens.
Divergences sur la portée de la trêve
Israël a annoncé soutenir la décision de Donald Trump de suspendre les attaques contre l’Iran, tout en réitérant que la trêve n’incluait pas le Liban. Cette position contredit une déclaration antérieure du Premier ministre pakistanais Shehbaz Sharif, le médiateur, qui avait assuré que le cessez-le-feu s’appliquerait partout, y compris au Liban et ailleurs.
Les exigences américaines précédentes, qui demandaient à l’Iran de cesser tout nouvel enrichissement, d’accepter des limites à son programme de missiles et de mettre fin à son soutien aux groupes armés de la région, n’ont pas été formellement reprises dans les termes de cette trêve. Le mois dernier, Donald Trump avait pourtant déclaré que la reddition inconditionnelle de l’Iran serait le seul résultat acceptable.
Les prochaines étapes devraient voir des négociations s’engager, potentiellement basées sur le plan iranien en dix points. Cependant, plusieurs points de ce plan ont été jugés irréalisables par Washington par le passé, laissant présager des discussions complexes. La trêve de deux semaines offre une fenêtre pour ces pourparlers, dont l’issue reste incertaine, notamment sur la question cruciale du programme nucléaire iranien et de la situation au Liban.
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