L’aide extérieure versée par les pays donateurs a enregistré une baisse historique de 23,1% en termes réels en 2025, selon les données publiées par l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE). Cette contraction, la plus forte jamais enregistrée dans l’histoire de l’aide publique au développement (APD), ramène les niveaux d’aide à ceux observés en 2015, année de l’adoption des Objectifs de développement durable des Nations Unies.
En valeur absolue, l’APD consentie par les membres du Comité d’aide au développement (CAD) et son associé s’est établie à 174,3 milliards de dollars américains en 2025. Ce montant représente 0,26% de leur revenu national brut (RNB) combiné, en baisse par rapport aux 214,6 milliards de dollars (0,34% du RNB) enregistrés l’année précédente.
Les principaux donateurs réduisent leur contribution
Pour la première fois, les cinq principaux fournisseurs d’aide ont tous réduit leur contribution la même année. L’Allemagne est devenue le premier donateur avec 29,1 milliards de dollars, suivie des États Unis (29 milliards), du Royaume Uni (17,2 milliards), du Japon (16,2 milliards) et de la France (14,5 milliards). Les réductions opérées par ces cinq pays représentent 95,7% de la baisse totale de l’APD mondiale. Les États Unis ont enregistré la réduction la plus importante, avec une baisse de 56,9%.
Seuls huit des trente quatre pays membres du CAD ont maintenu ou augmenté leurs budgets d’aide en 2025. Quatre pays ont dépassé l’objectif de 0,7% du RNB consacré à l’APD fixé par l’ONU : le Danemark (0,72%), le Luxembourg (0,99%), la Norvège (1,03%) et la Suède (0,85%).
Une baisse généralisée et préoccupante
Les estimations préliminaires de l’OCDE indiquent que l’APD bilatérale consacrée aux programmes de développement de base, hors coût des réfugiés dans les pays donateurs, aide humanitaire et allégement de dette, a chuté de 26,3%. Il s’agit du recul le plus marqué jamais enregistré dans cette catégorie, ce qui suggère que les coupes budgétaires n’ont pas été limitées aux éléments les plus variables de l’aide.
L’aide humanitaire a elle aussi diminué de 35,8%, tandis que l’APD destinée à couvrir les coûts des réfugiés dans les pays donateurs a reculé de 22,1%.
Les réactions des responsables de l’OCDE
Le Secrétaire général de l’OCDE, Mathias Cormann, a souligné le contexte difficile. « Les pressions budgétaires pesant sur les pays en développement s’accentuent et le conflit en cours au Moyen Orient représente un risque majeur pour la croissance mondiale et la sécurité alimentaire », a t il déclaré. Il a ajouté que cette baisse significative rendait indispensable de maximiser l’impact des ressources disponibles et de les utiliser plus efficacement pour mobiliser de nouvelles sources d’investissement.
Le président du CAD de l’OCDE, Carsten Staur, s’est dit extrêmement préoccupé par cette chute brutale. Il a expliqué qu’elle s’expliquait par des réductions spectaculaires opérées parmi les donneurs les plus importants, tandis que d’autres membres du CAD font face à des pressions budgétaires, politiques ou liées à la sécurité.
Perspectives pour 2026
Sur la base d’une enquête menée auprès de ses membres et d’informations officielles publiées, l’OCDE anticipe une nouvelle baisse de l’aide publique au développement pour l’année 2026. L’organisation prévoit un recul supplémentaire de 5,8%, ce qui confirme une tendance négative pour les financements internationaux du développement.
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