Le ministre de l’Agriculture, de la Pêche maritime, du Développement rural et des Eaux et Forêts, Ahmed El Boua, a présidé, ce lundi à Zagora, la cérémonie de signature d’une convention majeure pour l’aménagement et la réhabilitation des oasis de la province. Dotée d’une enveloppe globale de 624 millions de dirhams (MDH), cette initiative s’inscrit dans le cadre du programme national de développement des zones oasiennes et de l’arganier.
L’accord, conclu entre le département ministériel, le Conseil provincial de Zagora et d’autres partenaires institutionnels, vise à lutter contre la dégradation avancée des écosystèmes oasiens. Ces derniers font face à des pressions multiples, notamment la sécheresse récurrente, la salinisation des sols et l’exode rural, menaçant un patrimoine naturel et culturel millénaire ainsi que les moyens de subsistance des populations locales.
Objectifs et axes d’intervention
La convention définit plusieurs axes stratégiques d’intervention. Le premier concerne la protection et la reconstitution des palmeraies existantes, incluant des opérations de plantation de palmiers dattiers résistants et l’amélioration des techniques d’irrigation. L’objectif est de préserver la biodiversité spécifique à ces agro-écosystèmes.
Un second volet est dédié à la modernisation des infrastructures hydrauliques. Il prévoit la réhabilitation des réseaux de seguias (canaux d’irrigation traditionnels), la construction de bassins de rétention et la promotion des systèmes d’irrigation goutte-à-goutte pour une gestion plus économe de la ressource en eau, devenue rare.
Le développement socio-économique constitue un pilier central du projet. Les actions prévues soutiendront les filières agricoles associées aux oasis, comme la production de dattes de qualité, et encourageront les activités génératrices de revenus pour fixer les populations, notamment les jeunes, dans leurs territoires.
Portée et implications
Ce projet d’envergure couvrira plusieurs communes territoriales de la province de Zagora, une région symbolique des oasis du Sud marocain. Son financement associe des fonds publics de l’État et une contribution du Conseil provincial, illustrant une approche partenariale pour le développement territorial.
Les autorités locales présentes à la cérémonie ont salué cette initiative, soulignant son importance pour l’équilibre écologique et le développement humain dans une zone soumise à de fortes contraintes climatiques. La dégradation des oasis a en effet des conséquences directes sur la sécurité alimentaire et la stabilité sociale de toute la région.
La signature de cette convention intervient dans un contexte national marqué par une attention accrue portée à la préservation des zones vulnérables. Elle s’aligne sur la stratégie « Génération Green 2020-2030 » et le programme « Forêts du Maroc », qui accordent une place prioritaire à la résilience des écosystèmes face aux changements climatiques.
Prochaines étapes et mise en œuvre
La mise en œuvre opérationnelle des projets inscrits dans la convention devrait démarrer dans les prochains mois. Un comité de pilotage, regroupant l’ensemble des signataires, sera chargé du suivi et de l’évaluation régulière de l’avancement des travaux sur le terrain.
Les attentes des populations oasiennes sont considérables, tant sur le plan de l’amélioration des conditions de vie que de la préservation de leur patrimoine. La réussite de ce programme dépendra largement de la coordination efficace entre les services techniques de l’État, les élus locaux et les associations de la société civile.
Les prochaines étapes consisteront en le lancement des appels d’offres pour les travaux d’infrastructure et le début des campagnes de sensibilisation auprès des agriculteurs pour les accompagner dans la transition vers des pratiques agricoles plus durables et résilientes.
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