Les cours du pétrole affichent une tendance hésitante ce mercredi, partagés entre les menaces de perturbation des voies maritimes clés au Moyen-Orient et les perspectives de reprise des pourparlers diplomatiques entre Téhéran et Washington. Cette volatilité reflète les inquiétudes du marché face aux risques pesant sur les approvisionnements énergétiques mondiaux, une préoccupation majeure pour les économies importatrices comme celle du Maroc.
Vers 11h50 GMT, le baril de Brent de la mer du Nord pour livraison en juin gagnait 0,49% à 92,25 dollars. Son équivalent américain, le West Texas Intermediate (WTI) pour livraison en mai, progressait quant à lui de 0,15% à 91,42 dollars.
Menaces iraniennes sur les voies maritimes
L’incertitude est alimentée par des déclarations du général Ali Abdollahi, chef du commandement des forces armées iraniennes. Selon un communiqué diffusé par la télévision d’État iranienne, il a averti que si les États-Unis maintenaient leur blocus maritime et « créaient de l’insécurité » pour les navires commerciaux et pétroliers iraniens, cela constituerait « le prélude » à une violation du cessez-le-feu en vigueur depuis le 8 avril.
Le général a ajouté que les forces armées de la République islamique « ne permettront aucune exportation ou importation dans le Golfe persique, en mer d’Oman ou en mer Rouge ». Si le détroit d’Ormuz est déjà largement paralysé, un blocage de la mer Rouge menacerait directement une partie des exportations saoudiennes. L’Arabie saoudite a en effet réussi à dérouter une partie de son pétrole via le port de Yanbu, sur la mer Rouge, depuis le début du conflit régional.
Des pourparlers attendus
Malgré ces tensions, le marché conserve un certain optimisme quant à une reprise des discussions diplomatiques. Le président américain Donald Trump a évoqué mardi auprès du New York Post la possibilité d’une reprise des discussions avec l’Iran cette semaine, potentiellement via le Pakistan. « Quelque chose pourrait arriver au cours des deux prochains jours », a-t-il déclaré.
Sur la chaîne Fox News mardi soir, Donald Trump a également assuré que la guerre dans le Golfe était « presque finie », affirmant que les autorités iraniennes « veulent vraiment parvenir à un accord ». De son côté, l’Iran a confirmé mercredi que les échanges avec les États-Unis se poursuivaient via des canaux pakistanais.
Analyses du marché et impact sur l’offre
Pour Ole R. Hvalbye, analyste chez SEB, les menaces iraniennes pourraient viser à « jouer leur meilleure carte » avant un retour à la table des négociations. Cependant, il se dit « pessimiste » quant à la capacité des deux pays à trouver un accord rapidement. Selon lui, « ce type de rhétorique va se poursuivre » dans l’immédiat, maintenant une forte incertitude sur les marchés pétroliers.
Des négociations prolongées constitueraient un facteur de hausse des cours, le détroit d’Ormuz restant paralysé. L’Agence internationale de l’énergie (AIE) a indiqué dans son rapport mensuel que la production mondiale de pétrole avait été amputée de 10,1 millions de barils par jour en mars, s’établissant à 97,05 Mb/j, en raison de la guerre au Moyen-Orient.
Les analystes de Standard Chartered estiment de leur côté que le blocus américain pourrait retirer du marché entre 1,5 et 1,8 million de barils par jour supplémentaires de brut iranien.
La suite des événements dépendra étroitement des prochains contacts entre l’Iran et les États-Unis. Les déclarations des deux parties dans les 48 à 72 heures à venir seront scrutées par les marchés pour évaluer la probabilité d’une désescalade ou, au contraire, d’une nouvelle dégradation affectant les flux pétroliers via des points de passage stratégiques pour l’économie mondiale.
Commentaires (0)
Laissez votre commentaire