La ville de Tétouan a officiellement donné le coup d’envoi, ce lundi, des festivités la consacrant en tant que Capitale méditerranéenne de la culture et du dialogue pour l’année 2026. Elle partage ce titre avec la ville italienne de Matera, située sur la rive nord de la Méditerranée. Les célébrations inaugurales marquent le début d’une programmation culturelle dense qui s’étalera sur trois ans, jusqu’à l’année phare de 2026.
Cette désignation est le fruit d’une initiative portée par l’Assemblée des régions et des villes de la Méditerranée (ARLEM). L’objectif principal de ce label est de promouvoir la coopération culturelle entre les deux rives de la Méditerranée et de mettre en lumière le rôle de la culture comme vecteur de dialogue et de compréhension mutuelle.
Un programme structuré sur trois ans
Le programme d’activités s’articule autour d’une phase préparatoire de 2024 à 2025, suivie de l’année de célébration en 2026. Les autorités locales et nationales, en collaboration avec des acteurs culturels de la société civile, ont élaboré un calendrier d’événements variés. Ce calendrier inclura des festivals, des expositions, des colloques académiques et des projets de coopération artistique avec d’autres villes méditerranéennes.
La cérémonie de lancement s’est déroulée en présence de représentants du gouvernement marocain, des autorités locales de la région de Tanger-Tétouan-Al Hoceïma, et de diplomates de pays méditerranéens. Plusieurs partenaires institutionnels, dont le ministère de la Culture et la Fondation Tétouan Asmir, sont directement impliqués dans la coordination des projets.
Mise en valeur du patrimoine et de la création contemporaine
La programmation vise à mettre en valeur à la fois le riche patrimoine historique et architectural de Tétouan, classée au patrimoine mondial de l’UNESCO, et la scène culturelle et artistique contemporaine de la ville. Les médinas de Tétouan et de Matera, toutes deux inscrites sur la liste de l’UNESCO, constitueront un axe symbolique fort de cette collaboration trans-méditerranéenne.
Les organisateurs insistent sur la dimension inclusive et participative du projet. Ils indiquent que les habitants de Tétouan et de sa région sont appelés à être des acteurs centraux des différentes manifestations. Des appels à projets destinés aux artistes, aux associations et aux chercheurs seront lancés prochainement pour enrichir l’agenda culturel.
Sur le plan logistique, la ville prévoit des travaux de réhabilitation et d’aménagement de certains espaces culturels et publics pour accueillir les événements dans les meilleures conditions. Ces aménagements s’inscrivent également dans une perspective de développement urbain durable au-delà de l’année 2026.
Une opportunité de rayonnement régional
Pour le Maroc, cette désignation représente une opportunité de renforcer son positionnement culturel sur la scène méditerranéenne. Elle s’inscrit dans la continuité d’autres initiatives, comme la désignation de Rabat comme capitale culturelle du monde islamique en 2022. Tétouan, de par son histoire et sa position géographique, est perçue comme un carrefour naturel des influences andalouses, maghrébines et méditerranéennes.
Les retombées économiques, notamment dans les secteurs du tourisme culturel et des industries créatives, sont également anticipées par les acteurs économiques locaux. La visibilité internationale générée par l’événement devrait attirer un nouveau public de visiteurs intéressés par la diversité culturelle de la région.
La coordination avec la ville de Matera, qui a elle-même été Capitale européenne de la culture en 2019, est déjà engagée. Des échanges techniques et des projets conjoints sont en cours de discussion pour assurer une synergie entre les programmes des deux capitales culturelles.
Les prochaines étapes concrètes consisteront en l’annonce détaillée du calendrier des premiers grands événements prévus pour l’année 2024. Un site internet dédié et une identité visuelle officielle pour « Tétouan, capitale méditerranéenne de la culture 2026 » seront également dévoilés dans les semaines à venir, selon les organisateurs.
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