Iran: au moins 21 exécutions et 4000 arrestations depuis le début du conflit au Moyen-Orient, selon l’ONU

Iran: au moins 21 exécutions et 4000 arrestations depuis le début du conflit au Moyen-Orient, selon l’ONU

Genève, le 29 avril 2025 – Le Haut-Commissariat des Nations unies aux droits de l’homme (HCDH) a publié un rapport accablant sur la situation des droits humains en Iran depuis le déclenchement du conflit au Moyen-Orient. Selon ce document, au moins 21 personnes ont été exécutées et plus de 4000 autres ont été interpellées pour des motifs politiques ou sécuritaires. Ces chiffres, rendus publics ce mercredi, suscitent une vive inquiétude au sein de la communauté internationale.

Des exécutions liées aux manifestations et à l’espionnage

Le HCDH précise que les exécutions ont été prononcées pour différents chefs d’accusation. Parmi eux figurent la participation aux manifestations de janvier 2026, une affiliation présumée à des groupes d’opposition ou encore des accusations d’espionnage. L’ONU alerte également sur les conditions de détention des prisonniers, qui seraient victimes de graves violations des droits humains.

De nombreuses personnes détenues auraient subi des disparitions forcées, des actes de torture ou des traitements jugés inhumains. Le recours à des aveux forcés, parfois diffusés à la télévision nationale, ainsi que des simulacres d’exécution, a également été dénoncé par l’instance onusienne.

Un appel à un moratoire sur la peine de mort

Le Haut-Commissaire aux droits de l’homme, Volker Türk, s’est dit profondément préoccupé par ces pratiques. Il a appelé les autorités iraniennes à mettre un terme immédiat aux exécutions, à instaurer un moratoire sur la peine de mort et à garantir des procès équitables. Il a également demandé la libération des personnes détenues arbitrairement.

Plusieurs organisations de défense des droits humains, dont Amnesty International, rappellent que l’Iran figure parmi les pays ayant le plus recours à la peine capitale dans le monde, derrière la Chine. Parmi les condamnés à mort figure Bita Hemmati, une femme qui, selon plusieurs ONG, aurait lancé des blocs de béton sur des forces de sécurité depuis un immeuble lors des manifestations de janvier 2026.

Un contexte régional tendu

Le conflit au Moyen-Orient a exacerbé les tensions en Iran, où les autorités répriment sévèrement toute forme de contestation. Les Nations unies estiment que le nombre réel d’arrestations et d’exécutions pourrait être plus élevé que les chiffres officiels, en raison du manque d’accès des observateurs internationaux aux prisons iraniennes.

La communauté internationale suit de près l’évolution de la situation. Les appels à des sanctions ou à des mesures diplomatiques se multiplient, mais aucune action concrète n’a encore été annoncée par les grandes puissances. L’Iran, de son côté, rejette ces accusations, les qualifiant d’ingérence dans ses affaires intérieures.

Dans les prochaines semaines, le Conseil des droits de l’homme des Nations unies devrait examiner ce rapport et pourrait adopter une résolution condamnant les pratiques iraniennes. Toutefois, l’issue de cette procédure reste incertaine, en raison des divisions politiques au sein de l’instance onusienne.

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