Le secrétaire général du Hezbollah, Naïm Qassem, a accusé Israël de violer la trêve entrée en vigueur le 17 avril en poursuivant ses opérations militaires au Liban. Dans un discours diffusé lundi par la chaîne Al-Manar, M. Qassem a affirmé que « le Liban reste sous une agression israélo-américaine continue », estimant que l’accord de cessez-le-feu n’était pas respecté sur le terrain.
Des accusations de violations persistantes
Selon le chef du Hezbollah, « le Liban est l’agressé » et doit obtenir des garanties concrètes pour sa sécurité et sa souveraineté. Il a rejeté toute perspective de négociations directes avec Israël, qualifiant une telle démarche de « concession gratuite ». Malgré deux cycles de discussions organisés à Washington, les frappes israéliennes se poursuivent, notamment dans le sud du Liban, où plusieurs localités restent sous pression militaire et partiellement évacuées.
L’accord de trêve, soutenu notamment par l’ancien président américain Donald Trump, prévoit un cessez-le-feu temporaire de dix jours. Il inclut toutefois une clause autorisant Israël à agir « en légitime défense » à tout moment. Le Hezbollah a rejeté cette disposition, qu’il considère comme une porte ouverte à la poursuite des hostilités.
Tensions internes au Liban
La situation accentue les divisions politiques au sein du Liban. Le président libanais Joseph Aoun s’est montré ouvert à des négociations directes avec Israël, une position diamétralement opposée à celle du Hezbollah. L’ambassade américaine à Beyrouth a encouragé une rencontre entre les dirigeants des deux pays, la présentant comme une opportunité « historique » pour renforcer la souveraineté du Liban.
Bilan humain et déplacements massifs
Depuis la reprise des hostilités, le 2 mars, les frappes israéliennes ont causé plus de 2 600 morts et déplacé plus d’un million de personnes, selon des sources locales. Le Hezbollah affirme agir en soutien à son allié iranien, visé par une offensive israélo-américaine.
Les habitants du sud du Liban continuent de subir les conséquences des combats, avec des infrastructures endommagées et un accès limité aux services de base. Les organisations humanitaires peinent à répondre aux besoins croissants des déplacés.
Implications régionales
Ce conflit intervient dans un contexte régional tendu, marqué par les rivalités entre l’Iran et les États-Unis. Le Hezbollah, soutenu par Téhéran, considère ses opérations comme une réponse à l’offensive israélienne et américaine contre l’Iran. Les observateurs estiment que la trêve actuelle reste fragile, sans mécanisme de contrôle ni de sanction en cas de violation.
Les prochaines semaines pourraient voir une intensification des pressions diplomatiques, notamment de la part des États-Unis et de la France, pour tenter de stabiliser la situation. Aucune date n’a été annoncée pour un nouveau cycle de négociations à Washington.
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