Menaces de surtaxes américaines sur les voitures européennes : l’UE se dit prête à tous les scénarios

Menaces de surtaxes américaines sur les voitures européennes : l’UE se dit prête à tous les scénarios

L’Union européenne est « prête à tous les scénarios » face aux menaces américaines d’imposer une surtaxe de 25 % sur les voitures importées depuis le bloc européen. Cette déclaration a été faite mardi par la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, depuis Erevan, en Arménie.

La menace, formulée vendredi dernier par le président américain Donald Trump, accuse l’UE de ne pas respecter l’accord commercial signé entre les deux parties en juillet. Cet accord limite à 15 % les droits de douane sur les voitures européennes vendues aux États-Unis. Mme von der Leyen a rappelé que « un accord, c’est un accord » et que « l’essence de cet accord, c’est la prospérité, des règles communes et la fiabilité ».

Réactions des dirigeants européens

Le président français Emmanuel Macron, également en visite d’État à Erevan, a appelé l’UE à « activer » son instrument anti-coercition si la menace se concrétise. Cet outil, qualifié par certains de « bazooka », permet notamment de limiter les importations en provenance d’un pays, de restreindre son accès à certains marchés publics ou de bloquer des investissements. « Depuis le début, nous nous sommes adaptés. Il y a des accords qui ont été signés, doivent être respectés. S’ils étaient remis en cause, ils rouvriraient tout », a déclaré M. Macron.

Ce n’est pas la première fois que la France préconise le recours à cet instrument, que l’UE s’est doté pour riposter à un chantage économique, mais qui n’a jamais été utilisé jusqu’à présent.

Rencontre prévue et position de la Commission

Le commissaire européen au Commerce, Maros Sefcovic, doit rencontrer mardi à Paris le représentant de la Maison Blanche pour le Commerce, Jamieson Greer, en marge d’une réunion ministérielle du G7. Cette rencontre intervient alors que les tensions commerciales entre les deux rives de l’Atlantique s’intensifient.

La Commission européenne a confirmé dès lundi sa volonté d’appliquer l’accord signé, rejetant les accusations américaines. « Nous mettons en place l’accord depuis le départ et restons totalement engagés dans le respect de nos engagements », a déclaré un porte-parole de la Commission, Thomas Regnier. Il a ajouté que l’UE avait tenu Washington « totalement informé tout au long des procédures » et cherché à « rassurer l’autre rive de l’Atlantique ».

Procédures internes en cours

Le Parlement européen a approuvé, sous condition, l’accord entre les États-Unis et l’UE. Toutefois, les procédures internes du bloc prévoient que l’accord soit encore négocié avec les États membres avant d’être formellement appliqué. Selon M. Regnier, des « progrès sont réalisés » dans ce processus.

Dans les prochains jours, les discussions entre l’UE et les États-Unis devraient se poursuivre. La rencontre entre Maros Sefcovic et Jamieson Greer à Paris pourrait déterminer si une escalade commerciale sera évitée ou si l’UE activera ses instruments anti-coercition. L’issue de ces échanges aura un impact direct sur le secteur automobile européen, ainsi que sur les chaînes d’approvisionnement reliant les deux marchés.

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