Pékin appelle à un cessez-le-feu immédiat au Moyen-Orient et à la réouverture d’Ormuz

Pékin appelle à un cessez-le-feu immédiat au Moyen-Orient et à la réouverture d’Ormuz

La Chine a réclamé mercredi l’arrêt total des hostilités au Moyen-Orient et la réouverture rapide du détroit d’Ormuz, lors d’une visite du ministre iranien des Affaires étrangères à Pékin. Le chef de la diplomatie chinoise, Wang Yi, a reçu son homologue Abbas Araghchi dans un contexte de tensions régionales croissantes.

Cette rencontre illustre le rôle discret mais actif que joue Pékin dans un conflit auquel elle n’est pas directement partie prenante, mais dont les répercussions économiques et stratégiques la concernent directement. La Chine est un partenaire majeur de l’Iran et entretient également des relations croissantes avec les pays du Golfe.

Les positions chinoises réaffirmées

Selon un communiqué officiel, Wang Yi a réaffirmé plusieurs attentes clés : le rétablissement de la stabilité régionale, la réouverture du détroit d’Ormuz, un règlement par la négociation, le respect de la souveraineté des États de la zone, et le renforcement du dialogue entre l’Iran et les monarchies du Golfe.

Le ministre chinois a également exprimé la volonté de son pays d’accroître son implication dans la résolution du conflit. « La Chine œuvrera davantage pour apaiser les tensions et mettre fin aux combats », a-t-il déclaré, avant d’ajouter qu’elle « jouera un rôle plus important dans le rétablissement de la paix et de la tranquillité au Moyen-Orient ».

Un enjeu économique vital pour Pékin

La question du détroit d’Ormuz est cruciale pour la Chine. Selon la société d’analyse Kpler, plus de la moitié des importations chinoises de pétrole brut transporté par voie maritime provient du Moyen-Orient et transite majoritairement par ce passage stratégique. La Chine est également le premier importateur de pétrole iranien : avant la guerre, plus de 80 % des exportations iraniennes de brut étaient destinées au marché chinois.

Les États-Unis appellent régulièrement Pékin à user de son influence sur Téhéran. Mardi, le secrétaire d’État américain Marco Rubio a déclaré : « J’espère que les Chinois diront à (Araghchi) ce qu’il faut qu’il entende, à savoir que ce que vous faites dans le détroit vous isole internationalement. »

Une diplomatie prudente avec Washington

La Chine a fait preuve de retenue dans ses critiques vis-à-vis des États-Unis et dans son soutien public à l’Iran. Les analystes estiment que Pékin cherche à ne pas s’aliéner les pays du Golfe, tout en préservant le climat de la visite prévue du président américain Donald Trump à la mi-mai. Ce déplacement, initialement centré sur les questions commerciales, pourrait être dominé par les enjeux du conflit régional.

Interrogé mercredi sur cette visite, le porte-parole de la diplomatie chinoise, Lin Jian, s’est abstenu de la confirmer. Il a toutefois réitéré la position de Pékin : « La Chine considère qu’il faut parvenir sans délai à un arrêt complet des combats, qu’il est encore plus inacceptable de relancer les hostilités, et que continuer à négocier demeure essentiel. »

Le nucléaire iranien et la liberté de navigation

Wang Yi a également défendu le « droit légitime » de l’Iran au nucléaire civil, alors que les positions américaine et iranienne se durcissent sur la question de l’enrichissement d’uranium, une technologie qui peut avoir des applications civiles ou militaires selon le taux d’enrichissement.

Le chef de la diplomatie chinoise a aussi insisté sur la nécessité d’une reprise normale et sécurisée du trafic maritime dans le détroit d’Ormuz. « La Chine espère que les parties concernées répondront le plus vite possible à l’appel pressant de la communauté internationale », a-t-il conclu.

La Chine est créditée d’avoir joué un rôle significatif dans le cessez-le-feu récemment convenu entre Washington et Téhéran, un accord régulièrement mis à l’épreuve par les actions des deux camps et par l’extrême difficulté à trouver un terrain d’entente diplomatique. Les prochaines semaines, marquées par la visite potentielle de Donald Trump à Pékin, pourraient être décisives pour l’évolution de la situation régionale.

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