Tunnel de l’Ourika : Nizar Baraka présente les progrès du futur lien stratégique entre Marrakech et Ouarzazate

Tunnel de l’Ourika : Nizar Baraka présente les progrès du futur lien stratégique entre Marrakech et Ouarzazate

Rabat – Le ministre de l’Équipement et de l’Eau, Nizar Baraka, a dévoilé l’état d’avancement du tunnel de l’Ourika, un ouvrage souterrain majeur à travers le Haut Atlas qui reliera Marrakech à Ouarzazate. Cette annonce a eu lieu lors d’une visite de terrain effectuée ce mercredi, au cours de laquelle le ministre a inspecté les travaux en cours et présenté les principales caractéristiques du projet. Longtemps désigné sous le nom de « tunnel de Tichka », ce chantier stratégique porte désormais officiellement celui de « tunnel de l’Ourika », une précision qui reflète son ancrage géographique dans la vallée éponyme.

Des chiffres clés pour un chantier d’envergure

Le tunnel de l’Ourika s’inscrit dans le cadre du programme de désenclavement des provinces du sud-est du Maroc. Selon les données fournies par le ministère, l’ouvrage mesurera 2,8 kilomètres de long et sera creusé à une altitude moyenne de 1 800 mètres. Le projet comprend également la construction de 11 kilomètres de routes d’accès, dont des viaducs et des ouvrages de protection contre les crues. Le coût total du chantier est estimé à 1,2 milliard de dirhams, financé par le budget général de l’État et le Fonds de développement routier.

M. Baraka a précisé que les études géotechniques et topographiques sont achevées à 100 %, et que les travaux de terrassement des accès ont débuté en janvier dernier. Le tunnel proprement dit doit être lancé au deuxième trimestre 2025, après la finalisation des procédures de déviation des réseaux existants. Le ministre a souligné que le calendrier prévoit une mise en service complète du tunnel et des voies de liaison d’ici fin 2027.

Un axe stratégique pour l’économie régionale

Ce tunnel représente un enjeu majeur pour la mobilité et le développement économique du Sud. Actuellement, la route nationale 9, qui relie Marrakech à Ouarzazate, franchit le col de Tichka à une altitude de 2 260 mètres, un passage souvent fermé en hiver en raison des chutes de neige et des risques d’avalanches. Le tunnel permettra de maintenir une liaison permanente et sécurisée entre les deux villes, réduisant le temps de trajet d’environ une heure et demie à quarante minutes.

Les autorités locales soulignent que cet ouvrage facilitera le transport des marchandises, le tourisme et l’accès aux services de santé et d’éducation pour les populations du Haut Atlas. Nizar Baraka a également évoqué les retombées sociales, notant que le chantier génère actuellement 300 emplois directs, un nombre qui devrait atteindre 600 en phase de creusement du tunnel. Les entreprises marocaines locales sont privilégiées pour les travaux de génie civil, conformément à la politique de préférence nationale.

Un projet attendu et controversé

L’annonce du nouveau nom, « tunnel de l’Ourika », a suscité quelques remous dans la région de Tichka, où certains habitants estiment que l’appellation initiale valorisait leur territoire. Toutefois, les autorités expliquent ce changement par des raisons techniques : la bouche nord du tunnel se situe dans la commune d’Ourika, rattachée à la province d’Al Haouz, tandis que la sortie sud débouche sur la province de Ouarzazate. Le ministère assure que l’appellation ne modifie en rien l’impact socioéconomique pour les zones riveraines.

Par ailleurs, des associations environnementales ont exprimé des inquiétudes concernant l’impact des travaux sur l’écosystème fragile de la vallée de l’Ourika. En réponse, le ministère de l’Équipement a présenté une étude d’impact accompagnée de mesures de compensation, notamment la plantation de 10 000 arbres et la mise en place de dispositifs de filtration des eaux de ruissellement.

Prochaines étapes et perspectives

La prochaine échéance majeure est le lancement des appels d’offres pour le creusement du tunnel proprement dit, prévu pour juillet 2025. Les travaux dureront environ vingt-quatre mois, suivis de six mois d’équipements (éclairage, ventilation, sécurité incendie). Une fois opérationnel, le tunnel sera équipé d’un système de vidéosurveillance et de détection automatique d’incidents, géré par un centre de contrôle régional à Marrakech. Le ministère prévoit une capacité de circulation de 8 000 véhicules par jour, avec une vitesse maximale autorisée de 80 km/h. Ce chantier s’inscrit dans un programme plus vaste de modernisation des infrastructures de transport au Maroc, qui comprend également le projet de tunnel de l’Atlas dans le nord du pays.

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