FICAM 2025 : Une table ronde sur les défis de production de l’animation marocaine

FICAM 2025 : Une table ronde sur les défis de production de l’animation marocaine

Le 16 mai, dans le cadre du Festival international de cinéma d’animation de Meknès (FICAM), qui se déroule du 15 au 20 mai, une table ronde intitulée « L’animation marocaine : interroger sa chaîne de production » a réuni professionnels et experts du secteur à Meknès. Cette rencontre visait à analyser les étapes de fabrication d’un film d’animation, depuis la préproduction jusqu’à la distribution, en passant par le financement et la postproduction.

Un secteur en pleine structuration

Le débat a mis en lumière la nécessité de renforcer la coordination entre les différents maillons de la chaîne de production. Les intervenants ont souligné que, malgré une reconnaissance internationale croissante, l’animation marocaine souffre encore de fragmentation et d’un manque de standardisation des processus. Plusieurs studios indépendants, représentés lors de la table ronde, ont évoqué les difficultés récurrentes pour accéder à des financements stables et pour recruter des talents spécialisés formés localement.

Selon des chiffres cités par les organisateurs, le nombre de projets d’animation produits annuellement au Maroc reste modeste, avec une moyenne de deux à trois longs métrages et une dizaine de courts métrages. Cette production est essentiellement portée par des initiatives privées et des coproductions internationales, souvent avec la France et le Canada.

Enjeux de formation et d’infrastructure

La table ronde a également abordé la question de la formation professionnelle. Plusieurs participants ont insisté sur l’urgence de créer des cursus spécialisés dans les écoles marocaines, notamment en matière d’animation 3D, d’écriture scénaristique et de gestion de projets. Actuellement, une grande partie des animateurs marocains se forme à l’étranger, ce qui freine le développement d’un vivier local de compétences.

Du côté des infrastructures, les professionnels ont regretté l’absence d’un studio de grande envergure capable d’accueillir des productions complexes. Les équipements techniques restent souvent obsolètes ou coûteux à importer, ce qui oblige les producteurs à externaliser certaines étapes vers des pays voisins.

Des perspectives de réformes

Les responsables présents ont annoncé que le ministère de la Culture et de la Communication travaille sur un plan de soutien dédié à l’animation, qui devrait être finalisé d’ici la fin de l’année 2025. Ce plan prévoit notamment la mise en place de fonds d’aide à la production, la création d’un pôle d’excellence à Casablanca, et l’organisation de résidences d’écriture pour les scénaristes.

En marge de la table ronde, des échanges informels ont eu lieu entre représentants de diffuseurs internationaux et producteurs marocains. Plusieurs pistes de coproduction ont été évoquées, notamment avec des chaînes publiques africaines et des plateformes de streaming.

Le FICAM, qui célèbre cette année sa dixième édition, continue de jouer un rôle de catalyseur pour la filière. Les organisateurs espèrent que les conclusions de cette table ronde seront intégrées dans les politiques publiques à venir, afin de faire de l’animation marocaine un secteur compétitif à l’échelle régionale.

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