FICAM 2026 : à Meknès, l’animation artisanale défend le droit à l’imperfection

FICAM 2026 : à Meknès, l’animation artisanale défend le droit à l’imperfection

La 26e édition du Festival international de cinéma d’animation de Meknès (FICAM) a mis en avant, lors de ses premières journées, un plaidoyer en faveur de l’animation artisanale et du droit à l’imperfection. Cet événement, qui se tient du 15 au 20 mars 2026 dans la ville impériale, réunit professionnels et passionnés du secteur autour de projections, masterclass et débats.

Parmi les invités de cette édition, la réalisatrice française Sandra Desmazières et l’animateur Pierre-Luc Granjon ont partagé leur conviction : l’animation artisanale, loin des standards industriels du pixel parfait, revendique une liberté créative qui embrasse les défauts et les irrégularités du geste humain. Leurs interventions, organisées au sein du Centre culturel Al Mouhit, ont attiré un public composé d’étudiants en arts visuels, de jeunes réalisateurs marocains et de critiques internationaux.

Une défense de l’imperfection comme marque de fabrique

Au cours d’une table ronde intitulée « L’art de l’imperfection : quand l’erreur devient création », Mme Desmazières a expliqué que le cinéma d’animation traditionnel, réalisé image par image avec des techniques comme le stop motion ou le crayon sur papier, permet de préserver une authenticité que les logiciels de rendu 3D ne peuvent reproduire. Elle a cité son dernier court métrage, « Les Ombres du Souk », présenté en avant-première lors du festival, comme exemple de cette approche.

M. Granjon, connu pour ses marionnettes en papier mâché et ses décors faits main, a pour sa part insisté sur l’importance de la transmission des gestes artisanaux aux nouvelles générations d’animateurs marocains. Il a souligné que le Maroc, avec ses traditions de l’artisanat et du conte, offre un terreau fertile pour ce type de production.

Une édition tournée vers la relève africaine

Le FICAM 2026 a également programmé une compétition dédiée aux courts métrages africains, avec une sélection de 12 œuvres issues de huit pays, dont le Maroc, la Tunisie, le Sénégal et le Kenya. Un jury présidé par la réalisatrice sénégalaise Rama Thiaw décernera le Grand prix du festival, doté d’une bourse de production de 50 000 dirhams, le samedi 19 mars.

Des ateliers pratiques, animés par des techniciens français et marocains, se déroulent en parallèle dans les locaux de l’Institut français de Meknès. Ces formations, accessibles gratuitement sur inscription, portent sur les techniques de stop motion, le dessin animé traditionnel et la fabrication de marionnettes.

Un contexte de structuration du secteur au Maroc

Cette édition intervient dans un contexte où le secteur de l’animation au Maroc cherche à se structurer. Selon les organisateurs, le nombre de studios d’animation basés au Maroc est passé de quatre en 2020 à quatorze en 2025. Le FICAM, soutenu par le ministère de la Culture et de la Communication, vise à renforcer la visibilité des talents locaux et à attirer des coproductions internationales.

La programmation prévoit également des rencontres B2B entre producteurs marocains et européens, afin de favoriser les échanges et les financements croisés. Les résultats de ces rencontres seront communiqués lors de la clôture du festival.

La remise des prix, prévue le samedi 19 mars à 20h00 au théâtre municipal de Meknès, sera suivie d’une projection publique des œuvres primées le dimanche 20 mars en matinée.

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